Mehmet Tosun,Nur Asena GÜLSOY
04 Avril 2016•Mise à jour: 05 Avril 2016
AA – Ankara – Nur Gülsoy
Certains parlent de négociation avec l'organisation terroriste (PKK), il n'y a rien à négocier, a déclaré le président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan.
Le chef d'État a prononcé un discours lundi, à la réunion de l'Assemblée générale ordinaire du Croissant rouge turc (Kizilay).
«Nous ne pourrons pas faire une pause ou arrêter les opérations. Nous avions entamé le 'processus de résolution', mais ils [les terroristes] ont trahi et ont préféré la ruse. C'est fini, maintenant», a-t-il affirmé ajoutant : «Nous apporterons la paix dans la région du sud-est [de la Turquie]. La région sera aussi transformée par les travaux de restauration qui ont commencé d'ailleurs».
«Les chefs de l'organisation terroriste et les personnes qui agissent sous leur contrôle, parlent de temps à autres de négociation et de résolution. Qu'on le sache bien: Il n'y a rien à négocier ou à discuter» a averti Erdogan précisant encore: «Les terroristes qui ciblent nos agents de sécurité et nos concitoyens par des armes, des roquettes, des grenades, des kamikazes et des voitures piégées, ont deux choix devant eux : Se rendre à la justice ou être neutralisés un par un dans les trous où ils sont terrés.»
Le Président turc a assuré que les forces de sécurité de son pays poursuivent les opérations en faisant très attention à ne pas nuire aux civils.
Rappelant qu'il a effectué une visite aux États-Unis la semaine dernière, le président turc a critiqué ses détracteurs précisant que certaines diffamations ont été sanctionnées par des peines de prison, lorsqu'il s'agissait de son homologue américain Barack Obama, ou de la Chancelière allemande Angela Merkel: «J'estime que la pression exercée sur notre pays [à propos de la liberté d'opinion et d'expression] n'a pas de lien avec la démocratie et la défense des libertés, le but étant uniquement d'atténuer la capacité de défense de la Turquie, et de la détourner de ses objectifs et projets.»
Il a aussi noté que les insultes, les menaces, l'apologie du terrorisme à travers la presse ou internet ne sont point considérés comme liberté d'opinion en Europe ou dans les autres pays.
«Mais les procédures changent lorsqu'il s'agit de la Turquie», s'est-il indigné ajoutant: «Nous avons un membre de l'organisation terroriste, qui a tué des soldats et des policiers, qui a lancé des bombes pour détruire. Mais il a dans la poche la carte d'un organe de presse, même pas une carte jaune de presse. Interpellé, il se déclare journaliste. Mais, en réalité, il est arrêté pour acte terroriste».
Et Erdogan de poursuivre: «On ne procède pas ainsi en Europe ou aux États-Unis. Mais chez nous, on en fait toute une criaillerie. Même notre Cour constitutionnelle peut être influencée, dans certains cas, par ces campagnes, et elle prononce des verdicts contraires à la Constitution, comme une traîtrise même à son propre existence.»
- La réussite du Croissant rouge turc
Le Président a noté que Kizilay a récolté, durant ces trois dernières annés, 22 millions de livres turques (environ 7,8 millions de dollars) durant les campagnes dans des pays étrangers, d'aide pour la Syrie, l'Afghanistan, la Palestine et la Somalie. Kizilay a ainsi aidé 18 millions de personnes.
Il a, à cette occasion, appelé le peuple à soutenir Kizilay par des dons.