AA - Londres
La Turquie a maintenu sa note de crédit grâce à sa discipline financière, a déclaré Paul Gamble, haut-directeur et analyste de Turquie de l'agence de notation financière, Fitch Ratings.
Dans l'interview qu'il a accordée à l'Agence Anadolu, Gamble a commenté le maintien de la note de crédit de la Turquie, à savoir "BBB-" et "possible d'y investir", ainsi que la perspective de la notation "stagnante".
Selon Gamble, la Turquie a su maintenir ces notes grâce à sa discipline financière: "Cette discipline a été gardée durant une année d'élections. Nous estimons que la Turquie présentera en 2015, le même déficit budgétaire que l'année dernière. Cela signifie que les niveaux d'endettement baisseront. Pour être clair, cela montre que la Turquie est déterminée dans sa discipline financière, ce dont nous nous réjouissons d'ailleurs."
L'analyste a affirmé que la part des investissements dans la croissance économique de la Turquie est faible, et la qualité de cette croissance est aussi importante que son taux.
Gamble a prévu un taux de croissance de 2,8% en Turquie pour 2015, et un taux de 3% pour 2016.
"Notre prévision de taux d'inflation pour 2015 est de 7,1%, a-t-il ajouté. Nous avons révisé notre estimation concernant ce taux, après la dévalorisation de la livre turque. Pour 2016, nous prévoyons un taux d'inflation de 6,4% lorsque la livre turque retrouvera sa stabilité."
- Taux d'intérêt de la Banque centrale américaine (Fed)
Pour Gamble,"l'augmentation des taux d'intérêt par la Fed signifie l'augmentation des coûts de financement, ce à quoi les banques et entreprises turques devront faire face. Une augmentation des taux d'intérêt sera probablement réalisée vers la fin de 2015. La Banque centrale turque ne va effectivement pas augmenter ses propres taux, à chaque hausse annoncée par la Fed. Peut-être qu'elle suivra les deux premières hausses."
- Le marché iranien
L'analyste de Fitch a estimé que malgré les risques géopolitiques dans la région, l'ouverture du marché iranien aura des effets positifs sur la Turquie à long terme.
"L'Iran est un très grand marché avec 80 millions d'habitants, a-t-il dit. La Turquie est le gagnant naturel des relations que l'Iran rétablira avec la communauté internationale, du fait de sa position géographique. Mais ces gains prendront un peu de temps".