AA - Washington - Hamza Gedikoğlu
Un panel de haut niveau sur "la Turquie, les Kurdes et l'EIIL" a été tenu mardi à Washington au Bipartisan Policy Center.
Un second cas de Halabja pourrait avoir lieu à Kobani où les affrontements entre l'EIIL et les Unités de protection du peuple kurde (YPG) se poursuivent, a averti, Henri J. Barkey, professeur au département des relations internationales de la Lehigh University.
Le régime de Bagdad de l'époque, avec à sa tête Saddam Hussein, a bombardée à l'arme chimique, il y a un quart de siècle pendant la guerre Iran-Irak, les Kurdes de Halabja, les accusant de trahison et de collaborer avec l'Iran. Quelques 5000 civils ont péri lors du bombardement.
Barkey a affirmé que Kobani est située à un endroit très stratégique, expliquant que cette région est devenue très importante pour la Turquie depuis que l'EIIL à assiéger la ville et que le Parti de l'Union démocratique (PYD) s'est renforcé.
Après avoir indiqué que les dirigeants turcs s'opposent à l'idée d'une formation d'une région kurde indépendante au nord de la Syrie, Barkey a défendu qu'endiguer cela est une question prioritaire pour Ankara.
"Si l'encerclement de Kobani et la résistance continuent encore longtemps, une Kobani plus forte se formera", a ajouté Barkley.
Indiquant que la pression sur la Turquie pour qu'elle contribue d'avantage à la coalition anti-EILL augmente, Barkey a souligné "Le fait que la Turquie reste en dehors de cette coalition est dérangeant", relevant que le plus grand souhait des Etats-Unis est d'utiliser la base militaire à Incirlik (sud de la Turquie).
Selon Barkey, des longues négociations seront menées pour l'utilisation de la base militaire mais cela n'aura pas d'effet sur l'arrêt des événements à Kobani.
D'autre part, l'ancien ambassadeur américain d'Ankara, Eric Edelman a souligné la réticence de la Turquie face à la coalition anti-EIIL en affirmant: "Si la Turquie autorise l'utilisation de la base militaire Incirlik, ce serait une surprise".