İlhan Toprak
06 Janvier 2016•Mise à jour: 07 Janvier 2016
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le Président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a annoncé que plus de trois mille terroristes ont été éliminés lors des opérations menées en 2015 .
Erdogan s’est exprimé, mercredi, lors de sa rencontre traditionnelle avec les maires de quartiers et de villages provenant de différentes provinces de Turquie.
"L'an passé, à travers nos opérations antiterroristes en Turquie et au delà de nos frontières, 3 100 terroristes ont été éliminés. Dans la même période, nous avons perdu 300 agents de nos forces de sécurité", a-t-il déclaré.
Le président turc a très sévèrement dénoncé la politique du Parti Démocratique des Peuples (HDP) en faveur des actions terroristes du PKK.
«Ceux qui se servent de l’identité kurde pour combattre notre pays ne font pas de la politique, ils trahissent clairement ce peuple et ce pays», a-t-il dit.
«C’est tout d’abord une trahison envers nos frères kurdes, car ils sont une part indivisible et entière de cette nation», a-t-il poursuivi.
Tout en assurant que la Turquie a été très patiente, Erdogan a estimé impossible de qualifier de politique «les actions de ceux qui soutiennent les terroristes».
«Par principe, je suis opposé à la fermeture d’un parti politique, il ne faut même pas y songer. Cependant, si des hommes politiques ou des députés ont commis des crimes, ils doivent en rendre compte devant la justice, ce n’est pas le parti qui doit payer pour eux», a-t-il expliqué.
Il a rappelé encore que personne, député ou simple membre, ne doit échapper à la justice s'il s’est rendu coupable d’actes interdits par la loi.
«L’immunité parlementaire ne doit pas être utilisée pour camoufler des actions terroristes, elle doit être utilisée pour mieux servir les citoyens, a-t-il lancé. Le parlement et la justice doivent agir contre les députés qui agissent comme des membres d’une organisation terroriste.»
Le Président Erdogan est aussi revenu sur le projet de nouvelle constitution porté par le gouvernement.
Il a exprimé sa satisfaction de voir le Premier ministre Ahmet Davutoglu rencontrer l’opposition pour rechercher un consensus, tout en critiquant l’attitude de cette dernière.
«Nous devons nous débarrasser de cette constitution héritée du coup d’Etat militaire, a-t-il répété. J’espère que cette fois-ci nous y arriverons. Cependant, alors que nous sommes au début de ce laborieux travail, je ne comprends pas pourquoi les partis de l’opposition imposent des conditions. Ils disent vouloir une nouvelle constitution, alors pourquoi s’attache-t-ils à l’actuelle.»
Erdogan en a saisi l'occasion pour rappeler son opinion en faveur d’un système présidentiel, qui, à son avis, est le plus adapté à la Turquie.
Le chef de l’Etat turc est ensuite revenu sur les tensions au Moyen-Orient, particulièrement entre l’Arabie Saoudite et l’Iran.
"Encore une fois, le monde musulman fait face à un plan visant à provoquer l'affrontement entre chiites et sunnites. Il s'agit d'un plan mené par "une intelligence supérieure" qui veut diviser et affaiblir le monde musulman. Les provocations entre les divers courants de l'Islam est une des causes principales des situations en Syrie, en Irak, au Yémen et au Liban."
Erdogan a ouvertement dénoncé les attaques contre les représentations diplomatiques saoudiennes en Iran et en Irak.
«Nous, nous aimons de la même manière tous nos frères musulmans. Comment peut-on accepter que des ambassades soient attaquées en Irak et en Iran pour des motifs liés à la volonté de devenir une puissance régionale,» a-t-il dit.
Le Président turc a ensuite dénoncé les réactions contre les exécutions de 47 condamnés à mort en Arabie Saoudite, rappelant que 43 de ces personnes étaient sunnites, et critiquant le silence de la communauté internationale contre les exécutions en Egypte.
Pour finir, Erdogan a critiqué le soutien de l’Iran (sans le citer) au régime syrien, «responsable du massacre de 400 000 innocents».