İlkay Güder,Ayvaz Çolakoğlu
11 Mai 2018•Mise à jour: 12 Mai 2018
AA - Ankara - Ayvaz Colakoglu
Le président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan a exposé, devant un parterre d'entrepreneurs, la situation économiques de son pays et défendu l'idée d'une croissance à deux chiffres, comme objectifs pour les prochaines années.
Erdogan s'exprimait, vendredi, à l'occasion d'une cérémonie organisée par l'Union des chambres et bourses de Turquie (TOBB) dans la capitale Ankara.
"D'autres pays peuvent se contenter d'une croissance de 2 ou 3 %, mais ce n'est pas assez pour nous. Notre croissance ne doit pas descendre en dessous de 7 % et si possible, nous devons nous fixer comme objectif des taux de croissances à deux chiffres" a expliqué le chef de l'Etat.
Il a notamment fustigé les diffuseurs de scénarios économiques catastrophiques, qui selon lui, visent à saper le moral du peuple.
"Certains milieux tentent, de toutes leurs forces, de vous angoisser (entrepreneurs), d'angoisser le peuple, en présentant comme catastrophiques, les développements qui ne sont que le reflet des fluctuations de l'économie mondiale" a t-il martelé avant d'ajouter :
"Ni les spéculateurs des cours de devises, ni le lobby du taux d'intérêt, ni les ennemis de la Turquie, cachés sous le masque d'agence de notation, ne nous importent.
Ils ont tenté de nous étrangler par petites vagues, nous sommes parvenus, tous ensemble, à mener notre pays vers des ports sûrs. Ils ont tenté de nous coincer avec notre production, nos exportations, notre création d'emplois mais nous avons réussi, ensemble, à trouver des portes de sorties en développant de nouvelles méthodes."
Le leader turc, Recep Tayyip Erdogan a affirmé que les perspectives de croissances pour l'année en cours seront au moins équivalentes à celles de l'année précédente.
"Au premier trimestre de cette année, nous estimons que la croissance sera équivalente à la moyenne de l'année dernière. Cela montre une chose, la Turquie, même en période d'élection va croître fortement" a t-il insisté.
Pour le président turc, il est primordial d'attirer les investissements étrangers afin de maintenir un taux de croissance élevé.
"Nous sommes conscients qu'il ne sera pas possible d'atteindre la croissance souhaitée avec les ressources propres de la Turquie. Nous avons besoin d'attirer les investisseurs étrangers et d'encourager de nouveaux investissements dans notre pays" a t-il reconnu.
A l'annonce des élections anticipées, présidentielle et législative, convoquées pour le 24 juin, le CHP avait demandé à 15 de ses députés de démissionner pour rejoindre le "Bon Parti" (İYİ Parti), nouvelle formation fondée et dirigée par Meral Aksener après avoir quitté les rangs du MHP (parti d'Action Nationaliste), pour lui permettre de former un groupe parlementaire à l'Assemblée et ainsi accéder d'office au droit de se participer aux élections.
Erdogan n'a pas non plus manqué d'adresser une pique au principal parti d'opposition concernant l'affaire, "Ils sont partis en pleurs puis ils reviennent tout sourire. Il se passe des choses étranges en Turquie" a t-il plaisanté.