Merve Gül Aydoğan Ağlarcı
29 Mai 2022•Mise à jour: 30 Mai 2022
AA / Ankara
"Tant que je serai à la tête de la République de Turquie, nous ne dirons certainement pas "oui" à l'adhésion de pays soutenant le terrorisme au sein de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN)", a déclaré le président turc, Recep Tayyip Erdogan.
Il s'est adressé aux journalistes dans l'avion, de retour d'une visite effectuée en Azerbaïdjan, samedi.
"Les discussions de la semaine dernière sur les demandes d'adhésion à l'OTAN de la Suède et de la Finlande, organisées par la Turquie dans le complexe présidentiel de la capitale Ankara, ne se sont pas déroulées au niveau souhaité", a déclaré le chef de l'État turc.
Erdogan a toutefois souligné que la Suède et la Finlande n'ont pas pris les mesures nécessaires pour répondre aux demandes de la Turquie, indiquant que les terroristes se promènent toujours dans les rues de Stockholm alors que la Suède les protège "avec sa propre police".
"Nous ne pouvons pas répéter les erreurs commises dans le passé en admettant dans l'OTAN, qui est une organisation de sécurité, des pays qui accueillent et nourrissent ces terroristes", a-t-il dit.
La Suède et la Finlande ont officiellement demandé à adhérer à l'OTAN le 18 mai, une décision motivée par la guerre de la Russie contre l'Ukraine, qui a débuté le 24 février. La Turquie, membre de longue date de l'alliance, a émis des objections à ces demandes d'adhésion, reprochant à ces pays de tolérer, voire de soutenir, des groupes terroristes.
La semaine dernière, la Turquie a accueilli à Ankara des consultations avec les délégations suédoise et finlandaise au sujet de leurs candidatures à l'OTAN.
Recep Tayyip Erdogan a fait savoir qu'il aura des entretiens téléphoniques séparés avec ses homologues russe et ukrainien, lundi, précisant que la Turquie continuera d'encourager les parties à maintenir ouvertes les voies du dialogue et de la diplomatie pour ramener la paix en Ukraine.
Au sujet d'une éventuelle nouvelle opération de sécurité turque dans le nord de la Syrie, près de la frontière turque, Erdogan a souligné que chacun doit faire sa part dans la lutte contre le terrorisme.
"Si l'Amérique ne remplit pas son devoir dans la lutte contre le terrorisme, que ferons-nous ? Nous nous en occuperons nous-mêmes. La lutte contre le terrorisme ne peut pas se faire en demandant la permission d'ailleurs", a-t-il affirmé.
La Turquie a des frontières communes avec la Syrie et l'Irak au sud. Elle a entrepris des mesures pour éliminer les bases terroristes existantes et empêcher l'apparition de nouvelles bases qui menaceraient sa sécurité nationale et la sécurité des habitants de l'autre côté de ses frontières.
La Turquie s'oppose depuis longtemps à la collaboration des États-Unis dans le nord de la Syrie avec les YPG/PKK, la branche syrienne du PKK terroriste, qui a fait des milliers de victimes en Turquie.
" Nous avons déjà neutralisé plus de 100 terroristes au nord de l'Irak. Ce processus va continuer, nous ne pouvons pas le stopper", a-t-il poursuivi.
Depuis 2016, Ankara a lancé avec succès trois opérations antiterroristes, Bouclier de l'Euphrate (2016), Rameau d'Olivier (2018) et Printemps de la paix (2019), à sa frontière dans le nord de la Syrie pour empêcher la formation d'un couloir terroriste et permettre l'installation pacifique des résidents.
Au cours de sa campagne terroriste de plus de 35 ans contre la Turquie, le PKK, classé comme une organisation terroriste par la Turquie, les États-Unis et l'Union européenne, a été responsable de la mort de plus de 40 000 personnes, dont des femmes, des enfants et des nourrissons. Les YPG sont la branche syrienne du PKK.
S'agissant des liens avec Israël, Recep Erdogan a déclaré que les deux pays prendront des mesures pour améliorer leurs relations.
Pour ce qui est de la coopération en matière de gaz naturel avec Israël notamment, il a dit: "Notre ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles tiendra des réunions. Israël dit être prête à franchir une telle étape."
En ce qui concerne les liens avec la Grèce, Erdogan a une nouvelle fois critiqué le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis pour ses commentaires sur la Turquie lors d'une récente visite officielle aux États-Unis.
Pendant son séjour à Washington, Mitsotakis s'est opposé à ce que les États-Unis vendent à la Turquie quarante avions de combat F-16 et près de 80 kits de modernisation pour ses avions de guerre existants.
"Nous avons annulé le Conseil stratégique de haut niveau. Désormais, Mitsotakis n'est pas mon interlocuteur. Je considère comme interlocuteurs les personnes qui font de la politique avec personnalité", a conclu le président turc.
* Traduit de l'anglais par Alex Sinhan Bogmis