Mohamad Aldaher
12 Mars 2017•Mise à jour: 13 Mars 2017
AA/ Istanbul
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a affirmé, dimanche, que les Pays-Bas paieront le prix du sacrifice de leurs relations avec la Turquie, en vue des élections [législatives néerlandaises] prévues pour mercredi prochain.
C’est qu’a déclaré Erdogan lors d’un discours prononcé à Istanbul, au sujet du scandale diplomatique néerlandais commis à l’encontre de ministres turcs.
Le président de la Turquie a relevé : « nous ferons les évaluations nécessaires avant et après les élections néerlandaises du mercredi prochain, nous déciderons, sur cette base, de notre position. Cet incident ne saurait rester sans réponse ».
« Les agissements néerlandais envers la communauté turque et nos ministres, sont des symptômes de l’islamophobie », a-t-il noté.
Erdogan a martelé : « les événements des derniers jours sont des manifestations de l’islamophobie. L’Occident a clairement dévoilé son vrai visage ».
Il a poursuivi : « Certains appellent à l’expulsion des Turcs. Les Turcs ne partiront pas. Ils sont des citoyens de ces Etats. L’affaire connaîtra des développements et gagnera en importance. Et ils en payeront le prix, comme ils apprendront ce qu’est la diplomatie internationale ».
Le président turc a adressé ses remerciements à la France pour "ne pas être entrée dans ce jeu."
Lors d’un événement organisé plus tard à Kocaeli, dans l’ouest du pays, il a déclaré : « Au regard du droit international, les ambassades et les consulats sont considérés comme des territoires des pays dont ils relèvent. De ce fait, notre ambassade et notre consulat aux Pays-Bas font partie de nos territoires ».
Le président turc a appelé les autorités néerlandaises à apprendre le droit international et la démocratie, exhortant « l’Union Européenne et les organisations internationale de défense des droits de l’Homme, à sanctionner les Pays-Bas » après leur scandale diplomatique.
« Les Pays-Bas, membres de l’Union Européenne, ont agi comme une république bananière et non comme un Etat de droit », a noté Erdogan.
Le gouvernement des Pays-Bas avait interdit, hier samedi, l’atterrissage de l’avion du ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, et empêché l’entrée de la ministre turque de la Famille et des Politiques sociales, Fatma Betul Sayan Kaya, au consulat de Turquie dans la ville de Rotterdam.
La ministre devait rencontrer des membres de la communauté turque et des diplomates, mais a été ultérieurement refoulée en Allemagne.