Nur Asena Gülsoy
01 Décembre 2020•Mise à jour: 02 Décembre 2020
AA / Ankara
"Les médias sont les précurseurs du discours islamophobe et xénophobe", a déclaré le Président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan.
Le Chef de l'État turc a participé au 4ème TRT World Forum, mardi, par vidéoconférence, sous le thème "Le Système international dans le monde après la Pandémie et les Dynamiques qui changent".
Erdogan a critiqué certains organes de médias dans ce contexte, rappelant que les membres des organisations terroristes qui ont massacré des centaines de milliers de civils en Syrie, illustrent les unes des prétendues revues prestigieuses de l'Occident.
"Mais une fois que ces événements sont survenus dans les pays d'Europe, ceux qui nous donnaient des leçons de liberté de la presse, ont gardé le silence, a-t-il lancé. Ils ont ignoré les Gilets jaunes qui manifestaient au cœur de Paris pendant des semaines. Ils n'ont pas évoqué les interventions disproportionnées des policiers français. Ils n'ont pas écrit une seule phrase critiquant le blocus français exercé sur les médias. Nous observons la même approche quant au terrorisme d'État qu'exercent les forces israéliennes sur les Palestiniens. L'histoire des enfants massacrés dans la rue n'est pas couverte par ces médias indépendants."
Le Président a, à cet égard, critiqué l'attaque contre les valeurs sacrées aussi.
"Il est vraiment honteux que les médias soient les précurseurs du discours islamophobe et xénophobe, a-t-il poursuivi. Les saletés manifestées sous couvert de liberté de la presse, empoisonnent la volonté des gens appartenant aux différentes religions et cultures, à cohabiter. Si on ne met pas fin à cette attitude orgueilleuse sous prétexte de liberté de la presse, l'Europe et l'Humanité entière en subiront les conséquences."
Ainsi, le Président s'est félicité de la chaîne TRT World créée il y a 4 ans.
"Dans un monde où les médias internationaux sont devenus identiques [les uns aux autres], TRT World élève la voix face aux injustices", a-t-il noté.
- Le monde numérique
Le Président a aussi abordé les nouveaux outils de médias et la numérisation dans le monde qui fait face à la pandémie.
"Nous devons transformer nos relations, notre économie et nos méthodes d'achat à cause de la pandémie, a-t-il dit. Les médias, la politique et les relations internationales aussi sont influencés. Les nouveaux médias sont devenus plus courants. La numérisation a marqué autant le commerce que les médias. Nous ne pouvons pas dire que les médias conventionnels ont perdu leur influence, mais il faut admettre la nouvelle réalité."
Le Président a ainsi mis en garde contre les effets négatifs de la numérisation.
"La numérisation ouverte aux actes arbitraires, sans aucune surveillance, considérée comme un domaine en dehors de la loi, nous conduira vers le fascisme, a-t-il insisté. En même temps que d'élargir l'espace de la liberté, la numérisation ne doit pas entraîner de nouvelles injustices et des marginalisations. De graves problèmes surviennent dans le domaine ces dernières années, avec l'utilisation de plus en plus couramment des médias sociaux. […] Un ordre où les méchancetés et les crimes demeurent impunis, ne peut être appelé 'liberté'."
Ainsi, le Président a critiqué les entreprises des médias sociaux et a conclu : "Si ces entreprises ne soutiennent pas nos efforts empreints de bonne volonté, la Turquie continuera à défendre les droits de ses citoyens, quelles que soient les conditions."
*Traduit du turc par Nur Asena Gülsoy