Enes Kaplan
20 Janvier 2016•Mise à jour: 21 Janvier 2016
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le Président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a annoncé que le Parti Démocratique des Peuples (HDP) et le PKK ne sont plus considérés comme des interlocuteurs pour le processus de résolution.
Le Président Erdogan s’est exprimé, mercredi, devant une assemblée de maires de quartiers et de villages, originaires de différentes provinces de Turquie, rencontre qu’il organise périodiquement au palais présidentiel.
"Désormais, ni l'organisation terroriste PKK, ni le parti qui est sous son contrôle ne seront plus nos interlocuteurs, c'est terminé», a-t-il déclaré.
Pour le président turc, le HDP n’a pas su jouer son rôle dans la recherche de solution en faveur de la paix en Turquie et n’a pas respecté ses engagements et ses promesses pendant le processus de résolution.
"Une fois que nos forces de l'ordre auront totalement nettoyé la région de la présence des terroristes, nous nous concerterons avec notre peuple et déciderons ensemble des mesures à prendre pour régler ce problème dans ses racines", a-t-il dit.
Concernant la lutte contre les terroristes, Erdogan a expliqué que les opérations se poursuivront jusqu’à ce que la région soit totalement nettoyée de la présence terroriste.
«Tous seront punis, ceux qui ont des armes et ceux qui soutiennent les terroristes, a-t-il lancé. Ceux qui veulent se rendre doivent le faire immédiatement. Notre Etat et notre peuple sauront pardonner.»
Erdogan a ensuite très sévèrement critiqué la déclaration de certains académiciens contre les opérations sécuritaires dans le sud-est de la Turquie.
"Notre combat n'est pas contre nos frères Kurdes, il est contre le terrorisme et les terroristes. Certains affirment que nous tuons nos frères Kurdes. Ils disent que l'Etat massacre les Kurdes. Mais vous êtes sans scrupules !" , a-t-il lancé.
«J’ai la nausée quand je vois ceux qui n’osent pas condamner les attaques contre nos citoyens, les meurtres des civils et les attentats contre nos forces de sécurité, a-t-il dit. Je demande à ces académiciens : Etes-vous sincèrement pour l’unité de la Turquie ? Si c’est le cas, alors pourquoi utilisez-vous le même jargon que les terroristes ? »
Erdogan a estimé que si certains académiciens ont signé cette déclaration sans même connaître son contenu c’est très grave, cela l’est encore plus, s'ils l’ont signé en toute connaissance de cause.
Le chef de l’Etat est ensuite revenu sur le fait de désigner Cizre et Yuksekova nouveaux chefs-lieux en lieu et place de Sirnak et Hakkari.
« Ni Sirnak, ni Hakkari ne sont en position géographique de poursuivre leur croissance, d’ailleurs, historiquement, les centres de ces provinces sont Cizre et Yuksekova», a-t-il affirmé.
Le président Erdogan s’est, par ailleurs, exprimé sur les propos du leader du Parti Républicain du Peuple (CHP), Kemal Kilicdaroglu.
Celui-ci avait eu des paroles extrêmement sévères, voire insultantes contre Erdogan, lors du congrès de son parti et pendant la réunion de groupe de son parti au parlement turc.
«En réalité je ne devrais même pas répondre à cette personne. Ce n’est pas la première fois qu’il insulte ma personne ou ma famille. Mais ma patience aussi a des limites. J’aurais tellement de choses à dire le concernant, mais la Turquie a d’autres sujets, d’autres problèmes à régler et je ne veux pas perdre mon temps avec un individu dépourvu d’honneur» a dit le président.
«Il y a certaines personnes qui, si vous leur crachez au visage, elles pensent qu’il pleut», a-t-il poursuivi.
« N’est-ce pas lui qui soutient les terroristes, qui n’est pas capable de dénoncer clairement les attaques terroristes. Je ne vais pas me préoccuper d’un individu que le peuple ne prend même pas en considération », a conclu Erdogan.