Güç Gönel,Kaan Bozdoğan,Tuncay Çakmak
08 Janvier 2020•Mise à jour: 08 Janvier 2020
AA - Istanbul
Le Président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré que la Turquie s’oppose à ce que l'Irak, la Syrie, le Liban et la région du Golfe, soient le théâtre de guerres par procuration.
Le Chef de l’Etat turc s’est exprimé, mercredi, lors de la cérémonie d’inauguration du gazoduc TurkStream, construit avec la Russie.
Le gazoduc TurkStream, qui va alimenter l’Europe en gaz russe, en passant par la Turquie, entre en fonction officiellement ce mercredi.
Une cérémonie officielle a été organisée à Istanbul, sous la direction du Président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, et du Président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine. Le président de la Serbie, Aleksandar Vucic, et le Premier ministre bulgare, Boyko Borisov, participent également à la cérémonie, aux côtés de nombreux autres officiels de ces quatre pays.
Dans son allocution, le Président Erdogan s’est d’abord félicité de la coopération entre son pays et la Russie, malgré les divergences qui peuvent exister.
L’énergie est l’un des secteurs dans lesquels les deux pays développent de nombreux projets communs.
"TurkStream, ce projet pour lequel nous avons fait beaucoup d'efforts avec nos amis russes, est d'importance historique tant au niveau de nos relations bilatérales qu'au niveau de la carte énergétique", a d’abord estimé le Chef de l’Etat turc, rappelant que le gazoduc a été construit en seulement une année.
"Grâce au TurkStream, 15,75 milliards de m3 de gaz naturel, sur les 31,5 qui seront acheminés, arriveront directement dans notre pays sans passer par un autre, a-t-il ensuite expliqué. Au cours des 33 dernières années, nous avons assuré la fourniture de 400 milliards de m3 de gaz naturel russe."
Pour Erdogan, cette réalisation est un très bon exemple de la volonté des deux pays de coopérer dans tous les domaines, malgré les difficultés et les divergences.
"Notre coopération énergétique avec la Russie a su outrepasser tout type de défis, comme dans les autres domaines", a-t-il souligné. Nous n'avons jamais permis que nos divergences avec la Russie prévalent sur nos intérêts communs. Nous enregistrons une hausse régulière dans notre commerce bilatéral avec la Russie."
Par la suite, le Président turc a souhaité revenir sur les tensions grandissantes dans la région après la nouvelle crise entre les Etats-Unis et l’Iran, après l’assassinat par les Américains du général iranien, Qassem Soleimani, et les frappes iraniennes contre des bases irakiennes abritant des soldats américains.
Le Président turc a assuré que la Turquie n'a jamais été à la recherche de tensions dans la région.
"Nous essayons de faire baisser les tensions à travers toutes les voies diplomatiques, a-t-il partagé. Nous ne voulons pas que l'Irak, la Syrie, le Liban et la région du Golfe soient le théâtre de guerres par procuration."
Le leader turc a exprimé les inquiétudes de son pays face à cette situation. "Les tensions entre les États-Unis, pays allié, et l'Iran, pays voisin, ont atteint un niveau jamais souhaité".
Et d’avertir : "Personne n'a le droit de mettre à nouveau la région en feu, l'Irak en premier lieu, pour ses propres intérêts."
La Turquie se préoccupe particulièrement de la menace qui pèse sur l’Irak, si ce pays accueil une guerre de procuration entre Washington et Téhéran, d’autant plus qu’une importante communauté Turkmène y vit depuis des siècles.
"La sûreté des Turkmènes d'Irak est aussi importante à nos yeux, que la sécurité de nos propres concitoyens", a-t-il déclaré.
Pour conclure, le Chef de l’Etat turc a également souhaité passer un autre message relatif aux développements en Méditerranée Orientale, où certains pays développent des projets, dans le domaine des hydrocarbures, excluant la Turquie.
"En Méditerranée orientale, aucun projet excluant la Turquie n'a de chance d'être réalisé du point de vue économique, juridique ou diplomatique", a-t-il lancé.