Ali Kemal Akan,Tuncay Çakmak
26 Février 2020•Mise à jour: 02 Mars 2020
AA - Ankara
Le Président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a répété que la Turquie ne fera pas marche arrière à Idleb, tant que les forces du régime syrien ne se seront pas retirées de la zone de désescalade et que les civils ne seront pas rentrés chez eux.
Le Chef de l’État turc s’est exprimé, mercredi, lors de la réunion de groupe hebdomadaire de sa formation politique, le Parti de la Justice et du Développement (AK Parti), au Parlement à Ankara.
Il a d’abord été accueilli par une surprise : une vidéo retraçant son parcours ! En effet, le Président de la République célèbre ce mercredi son 66ème anniversaire.
Après avoir longuement critiqué le principal parti d’opposition, Parti Républicain du Peuple (CHP), et son leader, Kemal Kilicdaroglu, Erdogan est revenu sur la situation à Idleb en Syrie.
Ankara a donné jusqu’à la fin février un délai au régime syrien pour qu’il mette fin à ses attaques et qu’il revienne derrière les limites de la zone de désescalade d’Idleb, définies par les accords d’Astana et de Sotchi.
"Nous arrivons à la fin de ce délai. Nous essayons toutes les voies possibles pour surmonter cette situation. Nous ferons appel à la diplomatie jusqu’au bout. Mais si rien n’est fait, nous saurons user des autres options pour défendre nos soldats se trouvant dans les points d’observations, mais aussi les civils", a-t-il déclaré.
Concernant les opérations militaires à Idleb, le Président turc a expliqué que le principal obstacle rencontré par les forces turques est l’impossibilité de survoler la région.
"Notre plus grosse difficulté actuelle c'est de ne pas pouvoir utiliser l'espace aérien. Nous allons y apporter une solution rapidement", a-t-il affirmé.
Et d’ajouter : "Il n'est pas question du moindre petit pas en arrière à Idleb. Nous allons assurément faire reculer le régime [syrien] derrière les limites définies, et permettre le retour des civils dans leurs maisons".
Depuis que la Turquie et la Russie sont parvenues à un accord en 2018 en vertu duquel les actes d'agression sont censés être interdits à Idleb, plus de 1300 civils ont été tués dans la zone de désescalade.
À la suite des attaques intenses du régime d'Assad et de ses alliés, plus d'un million de Syriens ont afflué vers la frontière turque.
Depuis l'éruption de la sanglante guerre civile en Syrie en 2011, la Turquie a accueilli quelque 3,7 millions de Syriens en fuite, faisant de la Turquie le premier pays d'accueil de réfugiés au monde.