Turquie

Erdogan: "La Turquie est un pays dont on attend les contributions dans les Balkans"

- Le Président turc a souligné l'approche "englobante et objective" de son pays dans la région

Enes Kaplan   | 18.01.2022
Erdogan: "La Turquie est un pays dont on attend les contributions dans les Balkans"

Ankara

AA / Ankara

Le Président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a assuré que son pays continuera de jouer un rôle essentiel dans le maintien de la paix et de la stabilité dans les Balkans.

Le Chef de l’État turc a fait des déclarations, mardi, aux journalistes qui l’accompagnaient lors de son vol retour depuis l’Albanie où il a effectué une visite officielle lundi.

Erdogan a notamment voulu souligner le rôle clé que la Turquie joue dans les Balkans, notamment en Bosnie-Herzégovine où les nationalistes serbes créent des tensions depuis plusieurs mois.

Il a assuré que la Turquie est perçue "comme le pays dont on recherche les contributions" par les différentes parties en Bosnie-Herzégovine mais aussi dans l’ensemble de la région des Balkans.

"La Turquie continuera donc à préserver sa position respectée en Bosnie-Herzégovine pour contribuer à la résolution des crises", a-t-il affirmé.

Pour appuyer son affirmation, Erdogan a partagé une anecdote racontée par le Premier ministre albanais Edi Rama.

Une réunion avait été organisée avec les pays des Balkans pour discuter de la situation en Bosnie-Herzégovine.

"Nous sommes tous là mais où est la Turquie, aurait demandé Rama. Une réunion sans la Turquie ne peut aboutir à une conclusion sérieuse et efficace."

Une prise de position partagée par le membre serbe du Conseil présidentiel de Bosnie-Herzégovine, M. Dodik : "Une réunion avec l’ONU, les États-Unis, l’Angleterre, mais sans la Turquie, ne peut rien résoudre."

Erdogan a lui-même été témoin de ce genre de discours lors de ses réunions avec les différentes parties bosniaques.

"Nous pensons que la solution passe par davantage de dialogue entre les parties. Nous allons renforcer la diplomatie. Avec son approche englobante et objective, la Turquie est perçue comme un pays dont on attend les contributions par tous les acteurs de la région", s’est-il réjoui.

Il a d’ailleurs estimé que la Turquie a un rôle équivalent à jouer entre la Russie et l’Ukraine.

Les questions énergétiques sont un autre sujet sur lequel s’est attardé le président turc.

Il a rappelé que son pays a découvert d’importantes réserves de gaz naturel en Mer Noire occidentale.

Mais les recherches et forages se poursuivent aussi en Méditerranée orientale.

"Nous avons acquis 4 navires de forage et 2 sismiques qui seront actifs en Mer Noire et en Méditerranée. Nous aurons les meilleures infrastructures dans ce domaine", a-t-il estimé.

"Courant 2022, tous les préparatifs pour l'exploitation de gaz naturel [des bassins en Mer Noire] seront terminés pour une production en 2023", a-t-il avancé.

Ces recherches en Méditerranée sont sources de tensions avec la Grèce, au sujet de la délimitation des zones territoriales. Dans ce contexte, certains pays de la région, dont la Grèce et Israël, envisagent de construire un gazoduc en mer pour contourner la Turquie. Mais ce projet est difficile est très couteux. D’ailleurs Washington a récemment retiré son soutien au projet.

"Le retrait du soutien américain au gazoduc EastMed est dû à une analyse économique du projet, ils ont vu que ça ne pouvait aboutir", a-t-il expliqué pour conclure.

* Traduit du turc par Tuncay Çakmak

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