AA - Ankara - Hamza Gedikoğlu
"Je souhaite faire passer la Turquie au régime présidentiel", a déclaré, lundi dans la soirée, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan.
S'exprimant lors d'un reportage à la télévision turque, diffusé par les chaînes "A Haber" et "ATV", Erdogan a indiqué que dans le cas d'une entrave à l'instauration du régime présidentiel, "le régime semi-présidentiel peut être envisagé".
"Ce régime apportera énormément à la Turquie dans la mesure où il permet aux décideurs de travailler plus rapidement", a-t-il dit.
La Turquie est dotée d'un régime parlementaire où le président est le chef de l'Etat et le Premier ministre est le chef du gouvernement.
Concernant la disposition du règlement interne du Parti pour la Justice et le Développement (AKP) qui autorise seulement trois mandats successifs aux députés de l'AKP, le Premier ministre a affirmé que " la décision définitive sera prise lors du grand Congrès du parti. Cette disposition peut être modifiée à la suite d'une décision du Congrès", a-t-il dit.
D'autre part, Erdogan a déclaré: "Mes frères kurdes m'apprécient ainsi que mon parti. Car nous nous préoccupons de leurs problèmes", a-t-il souligné en se référant aux mesures prises par le gouvernement à leur égard.
Concernant l'enlèvement de personnel consulaire turc à Mossoul par l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL), le chef du gouvernement a annoncé que "Nous recevons des messages de l'autre côté (EIIL), et nous leur transmettons des messages indirectement. Je souhaite sincèrement le retour immédiat et sains et saufs de nos concitoyens".
"Ce qui est important pour nous c'est la période de transition (provisoire) qui est de 10 mois qui sépareront l'élection présidentielle, prévue le 10 aout 2014 des élections législatives de juin 2015. Dans le cas d'un retour du président (Abdullah Gul) à la politique avec l'AKP, personne au sein du parti ne contestera sa décision", a souligné Erdogan, en réponse à une question sur les rumeurs faisant état de la formation d'un parti par Abdullah Gul et de mésentente entre lui et le président Gul .
Sur la demande de rapatriement en Turquie de Fethullah Gülen - qui est sous le coup d'une enquête de l'armée -, Erdogan a précisé "J’attends que les Etats-Unis prennent position à ce sujet. J'ai expliqué cette situation à Obama". Ensuite il a mis l'accent sur la nécessité d'une émission d'une notice rouge d'interpool pour son arrestation.
Concernant la réaction face aux attaques israéliennes dans la bande de Gaza qui s'est transformée par une fraction des manifestants en une réaction contre les juifs, Erdogan a expliqué que "les juifs en Turquie sont nos concitoyens. Malheureusement certains groupes en Turquie font des déclarations contre eux, que je ne peux accepter".
Le bilan global des victimes palestiniennes depuis le lancement de l’opération israélienne à Gaza, le 7 juillet, est passé à 583 morts et 3554 blessés, selon le porte-parole du ministère palestinien de santé, Achraf Al Qodra.