Mümin Altaş,Tuncay Çakmak
05 Décembre 2017•Mise à jour: 06 Décembre 2017
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le Président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a condamné les tentatives d’associer la barbarie de certains groupes terroristes, notamment contre les femmes, à l’Islam et aux Musulmans.
Le Chef de l’Etat s’est exprimé, mardi, lors du 2ème Sommet International "la Femme au travail" organisé à Ankara.
Erdogan a d’abord adressé un message de félicitations à toutes les femmes du pays à l’occasion de la journée nationale des Droits des femmes, célébrée le 05 décembre en Turquie.
"Je tiens à adresser mon plus profond respect aux femmes courageuses de Palestine, aux femmes au cœur brisé de Syrie, et à toutes les femmes victimes et innocentes d’Arakan, d’Afrique et d’Asie", a-t-il dit.
Le Président turc a poursuivi en revenant sur l’historique des droits des femmes en Turquie, se focalisant sur les réformes réalisées par Mustafa Kemal Ataturk, le fondateur de la république.
"Même si les femmes turques ont obtenu le droit de vote et d’éligibilité dès 1934, en réalité elles n’ont pas pu jouir réellement de l’ensemble de leurs droits pendant longtemps. La vie politique turque a été longtemps fermée aux femmes. 65 ans après le droit d’éligibilité accordé, nous savons tous comment Merve Kavakci (première femme député portant le voile) a été traitée au parlement", a-t-il rappelé, avant de citer les avancées réalisées dans ce domaine depuis l’arrivée au pouvoir de son parti, le Parti de la Justice et du Développement (AK Parti).
Erdogan est ensuite revenu sur la place que la femme occupe dans la société et la culture turques.
"Dans notre langue il y a ‘mère-patrie’, il y a de nombreux autres mots et expressions qui mettent la femme au-dessus de tout. Notre religion place le paradis ‘en-dessous des pieds des mères’. Notre culture, notre tradition et peuple donnent une importance absolue à la femme. Malgré ces vérités, pourquoi certains essaient-ils de nous diviser sur la place de la femme? Pourquoi essaient-ils de mettre sur le dos des Musulmans la barbarie des meurtriers de Daech? Si leur véritable objectif était de défendre la femme et ses droits, alors ils critiqueraient aussi les organisations terroristes PKK et YPG", a-t-il dénoncé.
Rappelant que la place de la femme dans les sociétés européennes a très longtemps été loin de ce qu’il en est aujourd’hui.
"L'extrême-droite et le racisme qui se renforcent chaque jour en Europe empoisonnent les sociétés. Nous constatons malheureusement que certains leaders européens populistes se plient à ces idéologies pour des raisons électoralistes. Comme ce fut le cas dans le passé dans notre pays, les pays européens exercent de plus en plus de pressions sur les femmes en divisant la société en espace public et espace privé", a-t-il critiqué, faisant référence aux mesures prises contre les femmes musulmanes sous prétexte de laïcité.
"De plus en plus de femmes (musulmanes) en Europe sont victimes de discriminations qui les obligent à stopper leurs études, à quitter certains emplois et à mettre fin à leurs activités commerciales. Comme nous avons lutté de manière démocratique en Turquie contre cette vision, il faut aussi combattre cette menace grandissante dans ces pays", a-t-il poursuivi.
Pour conclure, le Président turc a une nouvelle fois critiqué le projet de Donald Trump de transférer l’ambassade américaine à Jérusalem et ainsi de reconnaître Jérusalem capitale d’Israël.
"C’est un projet destiné à déstabiliser totalement le Moyen-Orient. Cette question est une ligne rouge pour la Turquie. Nous ferons tout ce qu’il faut du point de vue diplomatique contre ce projet", a-t-il terminé.