AA/ Ankara/ Eda Ünlü Özen
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, s’est déclaré « dubitatif » sur une éventuelle implication d’Israël dans les récents attentats meurtriers qui ont secoué la capitale française, Paris.
Dans une interview accordée, jeudi, à une chaîne locale, Erdogan a affirmé que « lors de la marche républicaine de Paris organisée en signe de solidarité contre le terrorisme, nombreuses sont les voix qui s’étaient élevés en soutien à Israël et aux juifs »
« Certains sont allés jusqu’à scander des slogans, tels que je suis juif, je suis un policier », a rappelé le président turc.
De tels messages nous poussent à réfléchir sur une implication présumée d’Israël dans ces attentats et partant sur une « conspiration » tramée à ce propos.
Erdogan s’est interrogé sur les raisons de la participation du premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu à la marche républicaine de Paris.
« Je sais pertinemment que mes déclarations vont déplaire à Netanyahu. Il s’agit là d’un terrorisme d’Etat. Regardez ce qu’il est en train de faire actuellement. Il ne cesse de proférer des menaces contrer le Liban, promettant un scénario semblable à celui de Gaza », a dénoncé le président turc.
Erdogan a saisi l’occasion pour évoquer l’invitation émise par le président français à son homologue palestinien pour participer à la marche de Paris.
« Je tiens à remercier le président François Hollande pour avoir tenu à inviter Mahmoud Abbas à participer à la marche », a souligné le président turc, rappelant que « la situation en Palestine est extrêmement difficile et une telle position de la part de Hollande ne peut qu’être vivement applaudie. »
Traitant des derniers développements de l’affaire « des écoutes illégales » dans laquelle sont accusés des partisans du groupe Fethullah Gülen, Erdogan a souligné que « les Etats-Unis assument une pleine et entière responsabilité face à ce dossier. »
« Les Etats-Unis considèrent la Turquie un partenaire stratégique », a rappelé le président turc.
« Il leur importe donc d’expulser Gülen », a exhorté Erdogan, soulignant que « cette affaire revêt une importance majeure pour les relations turco-américaines. »
Réagissant aux appréhensions émises par certains face à un éventuel changement du régime politique du pays du « parlementaire au présidentiel », Erdogan a souligné que « lorsque le régime présidentiel est en vigueur aux Etats-Unis, au Brésil, en Corée du Sud ou au Mexique, il n’est plus considéré un monopole de pouvoir. »
« Une fois appliqué en Turquie, il le devient ainsi », regrettant une politique de deux poids, deux mesures à ce propos.
« Nous aspirons à promouvoir le niveau de vie du peuple turc et à réaliser un surcroît de progrès et de développement », a-t-il répondu à ses détracteurs.
« Si nous avons difficilement dirigé le pays lors des douze années précédentes, cela prouve que nous avons relevé des anomalies et nous avons souhaité les corriger », a-t-il expliqué.
Passant en revue le statut de la liberté des médias en Turquie, Erdogan a rappelé que « 20 ans auparavant, nombreux sont les journalistes et les écrivains qui croupissaient dans les prisons »,
« L’arrivée au pouvoir du Parti de la justice et du Développement (AKP) a permis de garantir la liberté de presse dans le pays », a-t-il dit, précisant « qu’à l’heure actuelle six journalistes seulement sont dans les prisons et sont poursuivis en raison d’actes qui n’ont aucun lien avec la Presse. »