Enes Kaplan,Sarp Özer,Ayvaz Çolakoğlu
20 Juin 2017•Mise à jour: 20 Juin 2017
AA - Ankara - Ayvaz Colakoglu
"C'est vous qui dans ce pays avez salué les juges qui ont ouvert des procès dans le but de fermer le AKparti, pourtant détenteur d'une majorité écrasante à l'Assemblée" a lancé le président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan a l'intention du principal parti d'opposition, actuellement en train d'organiser une marche dite pour la "justice" à la suite de la condamnation à 25 années de prison, de l'un de ses députés.
Erdogan a prononcé un discours, lundi soir, à l'issue d'un repas de rupture du jeûne du Ramadan organisé par son parti à Ankara.
Le président a rappelé à l'occasion de ce discours, les projets réalisés depuis l'accession au pouvoir en 2002 du AKparti (parti de la justice et du développement), affirmant qu'à aucune période, depuis la création de la République, un tel progrès n'a été enregistré.
"En 2002, nous avons hérité d'une Turquie dont l'économie était sur le point de s'effondrer. Aujourd'hui le poids économique de la Turquie a triplé", a-t-il martelé.
Poursuivant sur le sujet de la marche dite pour la "justice", Erdogan a appelé tout le monde à respecter les décisions de justice.
"Certains sont en train de marcher. Comme l'avait dit feu Demirel (ancien président turc) "les routes ne s'usent pas en marchant". Bien sûr qu'eux non plus ne parviendront pas à user les routes, même les pancartes "justice" qu'ils portent ont honte d'eux. La justice ne se cherche pas dans l'exploitation (d'un événement)" a-t-il lancé.
Et Erdogan de poursuivre :
"C'est vous qui dans ce pays avez salué les juges qui ont ouvert des procès dans le but de fermer le AKparti, pourtant détenteur d'une majorité écrasante à l'Assemblée. Et maintenant, sans aucune honte, vous essayez d'accuser le AKparti d'injustice ou bien de ne pas défendre ceux qui vivent des démêlés avec la justice. La décision revient à la justice et vous êtes tenus de respecter cette décision".
Le chef de l'Etat turc a rappelé les nombreuses injustices dont l'AKparti a fait l'objet par le passé passé, insistant sur le fait que malgré cela ils n'ont jamais opté pour des voies détournées préférant toujours rester dans la légalité.
"Nous, nous ne souhaitions pas que notre pays soit troublé. Nous n'avons pas tenté, comme ceux qui ont creusé des tranchés et menacé avec des bombes, ou bien encore comme ces types descendus dans les rues dans l'objectif de provoquer, de nous imposer un agenda démocratique. Bien au contraire, nous avons toujours mené notre lutte dans un cadre défini par la loi" a-t-il conclu.
Un député du premier parti d'opposition, le CHP (parti républicain du peuple) a été condamné à 25 années de prison dans le cadre d'une affaire d'espionnage. A la suite de cette condamnation, le CHP a lancé une marche de la "justice" entre Ankara et Istanbul jusqu'à la prison où est incarcéré le député en question.