Meltem Bulur
20 Février 2016•Mise à jour: 21 Février 2016
AA - Ankara
L'ambassadeur de Turquie à Tripoli, avec résidence en Tunisie, Ahmet Aydin Dogan, a estimé qu'il n'y a pas d'autre solution en Libye que celle du consensus.
Interviewé par l'Agence Anadolu, l'ambassadeur a commenté la séance de vote de confiance du gouvernement libyen de consensus qui se tiendra lundi prochain au parlement.
Selon Dogan, la scission des structures politique et sociale, le manque de confiance mutuelle et la faiblesse de l'autorité de l'Etat sont les principales causes de la crise qui secoue la Libye.
"Afin de surmonter les défis actuels et identifier des remèdes aux problèmes, nous ne voyons aucune autre solution que celle du dialogue, des consultations et du consensus", a-t-il déclaré.
Dogan a rappelé que les négociations de "dialogue politique" ont duré près d'une année, avec la participation des deux parlements du pays, sous l'égide des Nations Unies (ONU), et qu'un "Accord politique" avait été signé le 17 décembre 2015 au Maroc.
Cet accord constitue un consensus trouvé par les parties en Libye après avoir fait des concessions mutuelles, d'après l'ambassadeur turc, et il ne semble pas qu'il y aurait un autre consensus possible que cela, dans l'avenir.
Selon Ahmet Aydin Dogan, la Communauté internationale soutient l'accord et souhaite qu'un seul gouvernement soit installé dans le pays.
«Nous estimons que ce serait la solution la plus rationnelle et réaliste que les parties en Libye coopèrent et mettent en place une structure étatique qui apportera la paix, la stabilité, le calme et le développement escomptés par le peuple libyen. La Libye est divisée et en dysfonctionnement depuis deux ans. Ce chaos doit cesser maintenant», a-t-il lancé.
«Maintenant, c'est une étape difficile qui commence. La réalisation des choses que je viens d'évoquer, entraînera le succès", a-t-il poursuivi.
"Mais les problèmes ne se limitent pas à cela. Il faut assurer les besoins fondamentaux du peuple, tels que l'alimentation, la santé, l'eau et l'électricité. Ensuite, il faut lutter contre les organisations terroristes et les crimes organisés. Presque toutes les institutions nationales doivent être restructurées, surtout celle de la sécurité", a-t-il énuméré.
"Une autre question consiste en l'achèvement des préparatifs pour la nouvelle Constitution de Libye, puis son adoption», a encore relevé le diplomate.
L'ambassadeur a appelé les parties en question à coopérer, à établir un consensus, étant donné que «personne ne dispose d'une baguette magique. Les frères libyens doivent résoudre leurs problèmes par le biais du consensus, avec le soutien de la communauté internationale».
L'ambassadeur turc a, par ailleurs, souligné le rôle important dévolu à l'ONU ainsi que celui de la Turquie, dans le processus de dialogue libyen.
Dogan a rappelé qu'à partir du mois de mai 2014, la Turquie a expliqué à la communauté internationale et aux protagonistes du conflit que "la solution de la crise passe par un processus".
Selon Dogan, la Turquie a grandement contribué au lancement des négociations entre les délégations des deux parlements en janvier 2015 pour qu'elles aboutissent en décembre 2015.
Il a assuré que la Turquie continuera à déployer ses efforts pour garantir la stabilité en Libye et qu'elle prête à en consentir davantage d'efforts.