AA - Istanbul - Nur Gülsoy
Depuis 25 ans, aucune avancée n'a été faite pour réformer l'Organisation des Nations Unies (ONU), a affirmé le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu.
Le chef de gouvernement s'est exprimé lors de la réunion "Agenda du G20 présidé par la Turquie", dimanche à Istanbul.
"Nous discutons d'un besoin de réforme pour l'ONU depuis 25 ans, mais aucune avancée n'a été faite ni en terme de structure ni de mission", a déclaré Davutoglu, selon lequel les organisations internationales créées suivant la donne de l'après-guerre, sont "démodées" rappelant que cinq pays ont le pouvoir d'opposer leur de veto au Conseil de sécurité. Le premier minisrtre a affirmé : "Le G20 est la seule organisation internationale qui a été adaptée à la période de la Guerre froide."
Grâce à la présidence provisoire du G20, la Turquie a saisi l'occasion de contribuer à la résolution de la crise mondiale.
"Nous faisons face à plusieurs problèmes dans le cadre international, a-t-il poursuivi. (...) Pourquoi l'ONU ne peut-elle pas résoudre les problèmes? Car le P5 n'a pas un caractère assez inclusif. Les Africains, les musulmans ou les autres groupes n'y sont pa représentés, mais nous pouvons parler d'une vraie société internationale au sein du G20, avec les Africains, les Asiatiques, les Européens, les Américains, les musulmans, les chrétiens, les bouddhistes, ils sont tous ici."
Abordant les questions régionales, le Premier ministre turc a commenté la situation au Moyen-Orient, et la radicalisation des individus.
"Nous faisons désormais face au problème de Daesh, a-t-il précisé. Nous avons en effet beaucoup travaillé pour une transition démocratique en au Moyen-Orient, dans les sociétés arabes. Nous avons de ce fait soutenu les revendications démocratiques des jeunes arabes. Mais certains autres ont préféré soutenir des entités autocratiques et terroristes, ces deux orientations ne sont pas des bonnes options pour le Moyen-Orient."
Sur le plan économique, Davutoglu a abordé les problèmes posés par le tourisme, le chômage et la performance de croissance du pays.
Le chômage étant un grand problème dans tous les pays, la Turquie a su le vaincre, crééant en 2014, plus d'un million et demi d'emplois, et le pays est devenu la sixième grande destination touristique, selon Davutoglu.
"Notre produit intérieur brut a presque dépassé les 800 milliards de dollars, a-t-il précisé. Le revenu national par personne a dépassé les 19 000 dollars. Nous avons de bonnes perspectives pour l'avenir. Selon celles qui se profilent pour 2023 - le centenaire de notre République - nous deviendrons l'une des plus puissantes économies du monde."
Le Premier ministre turc a aussi déploré l'inégalité économique dans le monde, et a insisté sur le besoin d'investir.
"Nous souhaitons que les pays à revenu faible et en développement, soient plus actifs, a-t-il dit. Si 650 millions d'Africains n'ont pas accès à l'électricité, ou s'ils consomment moins que la ville de New York seule, alors on ne peut pas assurer l'ordre dans le continent. (...) Les systèmes financiers ne pourront rien faire sans investissement. Sans cet élément, il n'y aura pas de création d'emplois ou de croissance économique non plus."