Mohamed Mahmoud
26 Décembre 2016•Mise à jour: 03 Janvier 2017
AA/ Le Caire / Mohamed Mahmoud
Le ministre irakien des Affaires étrangères, Ibrahim al-Jaafari, a déclaré que son pays souhaite entretenir de bonnes relations avec la Turquie et l'Arabie Saoudite.
Al-Jaafari a affirmé, dans une interview publiée dans le journal gouvernemental égyptien «Akhbar el-Yaoum », que «les relations avec l'Arabie Saoudite, sont déterminées par la nature des intérêts communs et les réalités géographiques. Nous tenons compte de ces réalités ».
Il a ajouté : "Nous rejetons catégoriquement toute transgression de nos droits, et tout ce qui relève de notre souveraineté, mais en même temps nous sommes fermement attachés à nos relations, que nous ne sacrifieront pas, en dépit de ces problèmes."
«En bref, nous espérons entretenir de bonnes relations avec l'Arabie Saoudite, comme avec la Turquie », a-t-il souligné.
Le ministre irakien a cependant affirmé : "Certaines questions en suspens nécessiteraient un dialogue, pour que ces obstacles soient aplanis. Nous ne sommes pas pour la rupture, qui n’est pas de nature à aboutir au moindre résultat".
Le ministère irakien des Affaires étrangères avait demandé, en août dernier, au gouvernement saoudien de remplacer son ambassadeur en Irak, Thamer al-Sabhan, considérant qu’il avait « dépassé les limites de la représentation diplomatique, et s’est ingéré dans les affaires de l'Irak ».
Al-Sabhan avait critiqué les «violations» commises par les troupes de la Mobilisation populaire [chiites], contre les Sunnites, dans les zones libérées de l’emprise de l’organisation terroriste Daech.
Riyad avait rappelé al-Sabhan, et nommé à sa place un chargé d'affaires, Abdul-Aziz al-Shammari, à son ambassade à Bagdad, baissant ainsi le niveau de sa représentation diplomatique.
Un différend a également éclaté entre Ankara et Bagdad, avant la bataille de Mossoul en octobre dernier, au sujet de la présence des troupes turques dans le camp de Baâchiqa, dans le nord de l'Irak.
A noter que la Turquie affirme que ses unités militaires y sont présentes à la demande du gouvernement irakien.
Interrogé sur un éventuel dialogue entre Ankara et Bagdad, al-Jaafari a déclaré que «le dialogue n'a pas été interrompu pendant cette période. L'Irak est attaché au dialogue, car il est le meilleur moyen, sinon le seul moyen, de résoudre les problèmes ».
Il a poursuivi: «La Turquie est un pays voisin, avec lequel nous sommes liés par la religion, et le voisinage. Nous souhaitons que les relations entre nos deux pays soient empreintes de confiance et d’affection ».
«Nous l’avons démontré quand la Turquie a assisté à une tentative de coup d'Etat. J’ai été le premier à contacter les dirigeants turcs, pour leur exprimer notre engagement envers un État fondé sur la démocratie. Nous ne voulons pas d'un État résultant d’un putsch militaire », a relevé le ministre irakien.
Ibrahim al-Jaafari a quitté Le Caire, vendredi dernier, au terme d’une visite de cinq jours en Egypte, au cours de laquelle il a assisté à la quatrième réunion des ministres des Affaires étrangères arabes et de leurs homologues de l'Union européenne, au siège de la Ligue arabe.