AA - Ankara - Bilal Muftuoglu
Le Premier ministre Ahmet Davutoglu s'est déclaré profondément préoccupé mercredi par les bombardements du régime de Bachar al-Assad sur la ville syrienne d'Alep.
''Le monde entier ne fait qu'observer cette atrocité comme il l'avait fait lorsque Damas et Hama étaient sous les bombardements'', a-t-il indiqué lors d'un point de presse tenu à l'aéroport d'Esenboga à Ankara.
Davutoglu a fait savoir qu'Ankara est ''sensible'' à la situation d'Alep ''à juste titre'', rappelant l'importance historique de la ville qui est au centre de la vie économique syrienne.
La ville la plus peuplée de Syrie demeure assiégée d'une part par le régime d'Assad et par les militants de l'EIIL, d'autre part. La faction de l'opposition, Armée syrienne libre, s'est emparée de certains quartiers stratégiques de la ville.
Le Premier ministre turc a affirmé que l'image d'Alep tombée en ruine n'est pas le résultat d'affrontements de rues, mais celui des frappes aériennes du régime d'Assad.
Plus tôt dans la journée, Davutoglu a rencontré le Premier ministre de la Coalition nationale syrienne, Ahmet Toumah, afin d'aborder les récents développements dans le pays.
Toumah n'était pas très optimiste quant aux conséquences de la ''proposition de trêve limitée'', lancée par l'envoyé spécial des Nations unies en Syrie Steffan De Mistura pour mettre fin à la violence en cours à Alep et dans d'autres provinces syriennes.
''Le régime ne s'est jamais conformé aux trêves antérieures'', a souligné Davutoglu.
''Les trêves pour limiter les actes de violence en cours, sont une solution temporaire, et non pas une résolution définitive de la crise'', avait affirmé mardi le président du Conseil national syrien Hédi al-Bahra au quotidien britannique Guardian.
''Cela conforte l'argument de la Turquie pour la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne en Syrie'', a poursuivi Davutoglu.
Ankara plaide pour ''une zone sécurisée'' pour les réfugiés à l'intérieur de la Syrie près de la frontière turque, ainsi que pour l'établissement d'une zone d'exclusion aérienne, en coopération avec les Nations unies et la communauté internationale.
La poursuite des affrontements, l'intensification des attaques de l'EIIL sur le nord du pays, ont obligé 1,5 million de syriens à se réfugier en Turquie dont 190 000 en provenance de la ville frontalière de Kobané.
D'autre part, le Premier ministre se rend en Australie pour rencontrer les dirigeants des pays de G20 à l'occasion du début de la présidence turque du groupe des 20 plus grandes économies au monde prévu pour le 1er décembre.
Selon un communiqué précédemment publié par le Bureau du Premier ministre, le prochain sommet de G20, qui se tiendra entre le 15 et 16 novembre à Brisbane en Australie, abordera les efforts en vue d'une croissance économique durable.
Davutoglu se rendra aussi aux Philippines dans le cadre d'une visite officielle le 17 et 18 novembre en tant qu'invité du gouvernement de Manille.
La visite marquera le 65e anniversaire des relations diplomatiques entre les deux pays ainsi que la première visite d'un Premier ministre turc dans ce pays.