AA – Ankara – Naz Altinsoy
Le Président de la République de Turquie Abdullah Gül a annoncé que le ministre des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu remplacera le Premier ministre Recep Tayyip Erdgoan, lors de sa réception d’adieu qui s’est tenue mardi au Palais de Cankaya.
"Le congrès du parti (Parti pour la justice et le développement – AKP) se tiendra le jour avant que je quitte mes fonctions, a-t-il affirmé. Il apparaît que c’est M. Ahmet Davutoglu, que j’ai introduis à la vie politique et étatique, qui succédera (au Premier ministre Recep Tayyip Erdogan). Vous vous en rappellerez, je l’ai nommé ambassadeur lorsque j’étais Premier ministre, et il m’a suivi pendant cinq ans, lorsque j’étais ministre des Affaires étrangères. C’est une personnalité très importante pour notre cause, notre mouvement, au sein de la prochaine génération qui nous suit. J’estime effectivement qu’il fera preuve de grand succés. Sa réussite sera celle de la Turquie. Nous le soutiendront bien évidemment tous avec notre expérience", a ajouté Gül.
Rappelant qu’il a fait preuve d’impartialité pendant qu’il occupait la fonction de Président de la République, comme le prévoit la Constitution turque, Gül a noté qu’il retournera désormais à la vie politique au sein de l’AKP, dont il est l’un des fondateurs.
"Je suis arrivé à mes fonctions en tant que personnalité politique, a-t-il expliqué. Avec l’élection de 2007, qui consistent en effet à la première intervention du peuple à la présidentielle, j’ai été nommé président. Une fois président, j’ai mis de côté mon identité politique et j’ai gardé mon impartialité dans le respect de la Constitution. Maintenant que mon mandat de président s’achève, comme d’autres présidents de la Républiques au monde, je reprendrai mon identité politique et je retournerai à mon institution. Mon identité et ma position politiques sont effectivement liées à l’AKP. Je suis le premier à semer le germe avec le mouvement novateur. Je suis le premier à rédiger le programme du parti, et j’ai participé, avec mes amis, au mouvement qui a transformé la Turquie".
Avant la réforme constitutionnelle du 21 octobre 2007, le président était élu au sein de l’Assemblée nationale turque. Suite à la nomination de Gül en tant que candidat de l’AKP, l’opposition (Parti républicain du peuple – CHP) avait affirmé qu’elle ne participera pas au vote pour que l’AKP ne puisse pas rassembler le quorum nécessaire pour la tenue de la session de vote.
Sur ce, l’AKP avait décidé d’organiser des élections législatives anticipées. En 2007, le Parti d’action nationaliste (MHP) était de retour au Parlement turc, en accueillant 14,2% des voix. Le MHP participant au vote et permettant ainsi de réunir les 367 députés requis pour le vote sur la nomination du président, M. Gül avait été nommé le 11ème Président de la République de Turquie.
C’est également en 2007 que l’AKP avait soumis un référendum de réforme constitutionnelle prévoyant l’élection du président au suffrage universel direct, approuvé à 68,9%.
Interrogé sur son opinion concernant le système présidentiel, Gül s’est affirmé en faveur du régime parlementaire précisant cependant que le système présidentiel a ses avantages.
"Lorsque cette question était discutée pour la première fois, j’avais indiqué que j’optais pour un système parlementaire, a-t-il rappelé. Bien évidemment, personne ne peut nier que le système présidentiel est un système démocratique. Mais il y a un vrai équilibre au sein du système présidentiel. Si la séparation des pouvoirs est bien établie, c’est le cas aux États-Unis où le Congrès et l’administration ont leurs divergences spécifiques, c’est sans doute un système démocratique".
Gül a souligné que la cohérence interne est très importante au vu du fonctionnement du système, que ce soit parlementaire ou présidentiel.
"J’estime que la Turquie progressera encore à l’avenir, a déclaré le président pour terminer son discours. Je n’ai aucune doute sur l’avancée de la Turquie dans toutes les domaines. Je souhaite la bienvenue à tout le monde, tout en présentant mes adieux avec mon épouse".