Aynur Ekiz,Serdar Açıl
17 Décembre 2015•Mise à jour: 17 Décembre 2015
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, a déclaré que les forces armées turques présentes dans le camp de Baâchiqa (Mossoul/Irak) ont réservé une réaction militaire d’envergure en ciblant les positions de Daech après que quatre soldats turcs ont été blessés par des tirs lancés depuis ces positions.
Davutoglu répondait, mercredi soir, aux questions des journalistes, peu avant son départ à destination de Bruxelles.
«Malheureusement, un soldat irakien est mort et quatre de nos soldats ont été légèrement blessés à Baâchiqa", a-t-il dit.
"Evidemment, et comme à chaque fois, nos soldats ont immédiatement riposté et détruit les positions de Daech d’où provenaient les tirs», a relevé le Premier ministre turc.
“Notre présence la bas (au camp de Baachiqa) s’inscrit dans le cadre de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Irak et de la lutte contre le terrorisme", a-t-il encore souligné.
"La Turquie prendra les mesures nécessaires contre les dangers orientés à son encontre elle dans cette zone, dans le but de rétablir le contrôle des forces et des unités de sécurité irakiennes légitimes et nos forces armées sur place sont complètement habilitées à prendre de nouvelles mesures en cas de besoin», a assuré Ahmet Davutoglu.
"Les évènements en Syrie et en Irak se succèdent à un tel rythme que la protection de nos frontières commence au-delà de notre territoire", a-t-il rappelé. "
"Il n’est pas possible, en cette conjoncture, de défendre notre territoire à travers quelques mesures aux frontières seulement. La lutte contre le terrorisme, notamment celui de Daech et du PKK, en conformité avec les décisions des Nations Unies et les standards internationaux, nécessite notre présence autour de Mossoul, contrôlée par Daech depuis 2014. Ce camp (Baâchiqa) n’a pas été créé sur un coup de tête, il est le résultat de besoins sécuritaires», a encore expliqué le Chef du gouvernement turc.
Davutoglu a indiqué qu’il s’est entretenu avec le Chef d’Etat-Major des armées turques après l’attaque de Baâchiqa.
"Il était essentiel que la Turquie démontre sa force de dissuasion", a-t-il continué.
"Cet incident a prouvé que nous devons protéger nos formateurs et instructeurs qui entraînent les soldats irakiens dans ce camp. Notre décision de renforcer la sécurité dans ce camp était donc justifiée et nous comptons réexaminer cette question avec le gouvernement de Bagdad", a déclaré le Premier ministre turc.
De plus, le Premier ministre a déclaré que l’armée turque est responsable de la sécurité du territoire turc et dans ce sens, elle est habilitée à prendre les mesures, même militaires, pour contrer toute menace extérieure visant la Turquie.
Ahmet Davutoglu s’est ensuite exprimé sur la question des relations avec l’Union européenne, qui ont «trouvé un nouvel élan après le sommet du 29 novembre et avec l’ouverture du chapitre 17 des négociations».
«Nous avons récemment dévoilé notre plan d’action pour 2016, dans lequel certaines réformes s'inscrivent dans le sens de l’ouverture d’autres chapitres de négociations, dont les chapitres 23 et 24», a-t-il dit.
«Il est important de garder ce rythme des discussions avec nos partenaires européens, c’est la raison pour laquelle nous allons nous retrouver dans un autre sommet au Parlement Européen avec les dirigeants de 10 pays, l’Autriche, la Belgique, la Finlande, les Pays-Bas, la Suède, le Luxembourg, la Grèce, le Portugal et la Slovénie», a-t-il poursuivi.