Enes Kaplan
03 Décembre 2015•Mise à jour: 03 Décembre 2015
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, a déclaré que les entrepreneurs et agriculteurs turcs qui seraient impactés par les restrictions commerciales de la Russie seront compensés par l’état.
Davutoglu s’exprimait, mercredi, lors de la réunion du Haut Conseil Consultatif du TUSIAD (syndicat patronal turc) au sujet de la situation des relations avec la Russie et du programme de son gouvernement.
"Je tiens à affirmer à nos hommes d'affaires que nous avons déjà pris les mesures nécessaires pour compenser les pertes découlant des restrictions russes, a-t-il dit. Nous planifions pour ce qu'il y ait lieu de remédier aux pertes économiques."
Davutoglu a précisé que certaines mesures concernant les exportations de fruits et légumes frais ont été définies et que si nécessaire, elles seront annoncées au grand public.
«Si la Russie prend des mesures restrictives, d’autres aussi ont donc le droit, en réponse à cela, de prendre des décisions économiques, a-t-il poursuivi. De notre côté, nous gèrerons la crise avec sang froid et en s'armant de la patience. Nous espérons que nos interlocuteurs russes se rendront très vite compte de l’importance des relations entre nos deux pays tant pour la crise en Syrie que pour toutes les autres questions régionales.»
Le chef du gouvernement a ensuite sévèrement critiqué «ceux qui utilisent le langage du chantage», affirmant que «les Turcs ne se plieront jamais au chantage».
Par ailleurs, Ahmet Davutoglu est longuement revenu sur le programme de son gouvernement et sur les promesses électorales de son parti lors de la campagne pour les législatives du 1er novembre.
"Nous avons obtenu 49,5% des voix aux législatives grâce à un très large soutien de notre population, ainsi nous pouvons vous promettre la stabilité pour les quatre années à venir, a-t-il expliqué. Mais soyez sûrs que nous serons le gouvernement des 78 millions de nos concitoyens, sans distinction aucune".
Le Premier ministre a annoncé que toutes les promesses tenues lors des élections seront rapidement mises en application.
"En l'espace de trois mois, nous allons faire le nécessaire pour tenir toutes nos promesses électorales", a-t-il annoncé, précisant qu’un calendrier trimestriel, semestriel et annuel des prochaines réformes allait prochainement être divulgué.
«Notre gouvernement est un gouvernement de réformes», a encore lancé Davutoglu.
Pour conclure, le chef du gouvernement s’est attardé sur le renouveau dans les relations entre la Turquie et l’Union européenne (UE).
"La Turquie et son peuple sont européens, et le destin de l'Europe ne peut s'écrire sans la Turquie, a-t-il affirmé. En ce sens, ceux qui pensent que la Turquie va intégrer l'Europe en tant que pays périphérique se trompent."
Pour Davutoglu, le sommet de dimanche dernier est une étape importante dans les négociations engagées il y a onze années de cela pour l’adhésion de la Turquie à l’UE.
Pour lui, les leaders européens regardent désormais la Turquie d’un autre œil.