Hatice Özdemir,Nur Asena GÜLSOY
08 Mars 2016•Mise à jour: 09 Mars 2016
AA - Izmir (Turquie) - Nur Gülsoy
L'armée turque a ciblé les éléments de Daech en Syrie selon les règles d'engagement, a déclaré, mardi, le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu.
Le Chef de gouvernement turc a accueilli son homologue grec, Alexis Tsipras, mardi, à Izmir, province littorale de l'Ouest de la Turquie.
Les deux dirigeants ont animé un point de presse conjoint, à l'issue de la réunion du Conseil de Haute Coopération entre la Turquie et la Grèce.
"Un événement nous a contrarié", a affirmé Davutoglu. "Une roquette tirée par Daech de l'autre côté de la frontière a ciblé et tué deux de nos concitoyens. Les forces turques ont riposté lourdement selon les règles d'engagement", a-t-il poursuivi.
"Nous avons déjà donné les instructions nécessaires à l'armée turques en cas de violation de la sécurité nationale. Cet événement démontre combien l'accord de cessation des hostilités demeure fragile en Syrie", a soutenu Davutoglu.
"Daech ne participe pas à cet accord et est en conflit avec les opposants. Dans ce cadre, la Turquie ripostera immédiatement contre toute attaque", a-t-il martelé.
Les Etats-Unis et la Russie avaient annoncé le 22 février, un accord de "cessation des hostilités" en Syrie à partir du 27 février, qui n’englobe pas Daech, le Front al-Nusra et toutes les organisations terroristes classées comme telles par les Nations Unies (ONU).
L'organisation terroriste de Daech a lancé des roquettes depuis la Syrie vers la province de Kilis (sud de la Turquie), mardi après-midi. L'attaque a fait deux victimes, dont un enfant âgé de quatre ans. Les troupes turques à la frontière ont riposté par des tirs de canon.
Davutoglu a, par ailleurs, abordé les vagues migratoires dans son intervention.
"Les passagers clandestins interpellés en Mer Egée seront accueillis par la Turquie, mais autant de nombre de personnes seront envoyées en Europe pour équilibrer le fardeau en Turquie", a-t-il relevé.
"Le nombre de demandeurs d'asile en Turquie n'augmentera pas", a déclaré Ahmet Davutoglu.
"Nous avions établi un consensus avec Angela Merkel [Chancelière allemande] et Mark Rutte [Premier ministre néerlendais]. Une fois que la migration irrégulière est contenue, la migration régulière continuera dans le cadre des principes élaborés par l'Union européenne (UE)", a-t-il expliqué.
Le Premier ministre turc a insisté sur le fait que le tableau dressé à présent n'est pas la faute de la Turquie et de la Grèce, mais de celle du régime syrien, des organisations terroristes en Syrie et des raids aériens de la Russie.
Il a fait savoir que le "fonds de trois milliards d'euros promis par l'UE sera opérationnel à partir de la semaine prochaine".
En réalité, a-t-il mentionné, "70 à 80 millions d'euros ont déjà était débloqués, et seront disponibles progressivement. Les fonds supplémentaires en dehors de ce trois milliards d'euros seront aussi versés. Donc il s'agit d'un partage des coûts".
Les pays de l'UE avaient décidé d'aider la Turquie a accueillir les Syriens qui fuient les combats dans leur pays.
Ainsi, ils sont convenus, à la fin du mois de novembre dernier, d'accorder trois milliards d'euros à la Turquie afin de partager le fardeau de plus de deux millions de Syriens accueillis en Turquie. Le montant sera versé dans le cadre de projets qui seront réalisés par la Turquie.
S'agissant des relations turco-grecques, Davutoglu a rappelé que le volume commercial entre les deux pays est environ six milliards de dollars, et a souhaité l'augmenter à dix milliards.
"Nous nous réjouissons d'accueillir les investisseurs grecs en Turquie, avec un investissement d'environ sept milliards de dollars", a-t-il précisé.
"Nous exhortons les entreprises turques à investir davantage en Grèce, à leur tour", a-t-il insisté.
Davutoglu a aussi mis l'accent sur la coopération engagée dans les domaines de la culture et de l'éducation. Il a annoncé "une présentation de Histoire commune avec la Grèce, dans les manuels scolaires, comme une perspective conjointe de couronner la coopération entre les deux payse.
Il a ajouté que les améliorations des moyens de transport sur la mer Egée entre les destinations turques et grecques, contribueront à la promotion du secteur touristique des deux côtés.
"Qu'on le sache: Ni la Turquie, ni la Grèce n'ont l'ambition ou le souhait de faire la guerre l'une contre l'autre. Nous avons constaté, suivant les exemples dans le passé, qu'on ne gagne rien à faire le conflit en Mer Egée", a-t-il conclu.