Mümin Altaş,Tuncay Çakmak
12 Avril 2016•Mise à jour: 12 Avril 2016
AA - Sanliurfa - Tuncay Çakmak
Le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, a déclaré que "la Turquie ne se retrouvera jamais dans la situation de la Syrie".
Le Premier ministre a répondu aux questions des jeunes sur l’actualité, lundi soir, lors d’une émission télévisée sur la chaîne Haberturk.
Le chef du gouvernement a d’abord répondu aux questions des jeunes autour de la lutte contre le terrorisme à l’intérieur du pays mais aussi dans le cadre des événements dans les pays voisins que sont la Syrie et l’Irak.
La Turquie ne sera en aucun cas dans la même situation que la Syrie", a-t-il affirmé.
«Il est probable que certains milieux aimeraient que notre pays s’embrase comme son voisin du sud mais la Turquie n’est pas comparable à la Syrie, elle est une puissance mondiale», a-t-il ajouté.
Pour Davutoglu, il est impossible que la Turquie sombre dans le chaos comme la Syrie parce que la Turquie est dirigée par un système démocratique qui permet au peuple de porter au pouvoir ou d’écarter le parti et les politiciens de son choix.
Il a cité les exemples de Hosni Moubarak en Egypte et de Bachar al-Assad en Syrie, deux dirigeants qui n’ont pas su faire face à la volonté de leur peuple : le premier ayant été obligé d’abandonner le pouvoir après la révolution populaire et le second qui a choisi la violence contre son propre peuple pour demeurer au pouvoir.
Pour Davutoglu, il est impossible qu’al-Assad prenne part dans l’avenir de la Syrie, affirmant que le peuple reconstruira le pays selon sa propre volonté et que dans ce sens, la Turquie sera son plus grand soutien.
Davutoglu en a profité pour critiquer le manque de vision et de stratégie de la communauté internationale, les Etats-Unis en tête, pour une solution politique en Syrie.
«Nous ne pouvons pas dire que les Etats-Unis ont bien saisi les inquiétudes de la Turquie vis-à-vis de la situation en Syrie, de la menace terroriste qu’elle provoque et du drame humain (réfugiés) qu’elle fait subir aux Syriens», a-t-il dit.
Le Premier ministre a ensuite répondu aux interrogations des jeunes concernant la lutte contre le terrorisme.
«L’organisation terroriste (PKK) cherche à diviser l’unité et la fraternité de notre peuple pour, au final, diviser notre pays, a-t-il avancé. Je suis fier de constater que mes concitoyens ne répondent pas favorablement aux attentes des terroristes et qu’ils affichent leur attachement à notre unité.»
Davutoglu a répété une nouvelle fois que l’Etat et le gouvernement poursuivront la lutte contre le terrorisme jusqu’au bout, ajoutant que la Turquie ne discutera pas avec une organisation illégale armée qui poursuit ses activités terroristes.
A une question sur le système présidentiel que le gouvernement souhaite adopter en Turquie, Davutoglu a expliqué qu’il s’agit du système démocratique qui propose les meilleures solutions aux défis que doit relever la Turquie.
«Ceux qui pensent que je me demande ce que sera mon sort dans le cas d’un passage à un système présidentiel doivent savoir que je ne me poserais jamais cette question, a-t-il encore dit. Si je me pose cette question un jour, cela voudra dire que j’ai perdu mon sens politique et dans ce cas, je ne mériterais plus d’occuper ce poste de Premier ministre.»
Davutoglu a rappelé l’importance pour la Turquie d’adopter rapidement une nouvelle constitution, plus civile et plus démocratique.
Les jeunes ont également interpellé le chef du gouvernement sur les questions économiques.
Ahmet Davutoglu leur a répondu en vantant les résultats obtenus, notamment en termes de croissance .
Selon lui, la Turquie, grâce à sa détermination politique et ses mesures économiques, est une «source d’espoir» pour toutes les victimes de la région et des quatre coins de la planète.
Davutoglu a conclu en rappelant les efforts considérables accomplis par la Turquie en accueillant des réfugiés, et pour répondre aux attentes des peuples dans le besoin et en danger dans le monde.