Yıldız Aktaş,Kurbani Geyik,Nur Asena GÜLSOY
15 Mars 2016•Mise à jour: 16 Mars 2016
AA - Ankara - Nur Gülsoy
Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a mis l'accent sur l'aspect humanitaire de la crise migratoire dans les discussions menées avec l'Union européenne (UE).
Le chef du gouvernement turc a reçu, mardi, à Ankara, avec le président du Conseil européen, Donald Tusk.
Une conférence de presse conjointe s'est tenue à l'issue de l'entretien privé au palais Cankaya.
Davutoglu a noté que l'approche de la Turquie concernant le partage des charges matérielles, dont l'augmentation de l'aide financière de l'UE à six milliards d'euros, est claire.
L'Etat turc avait récemment demandé trois milliards d’euros supplémentaires jusqu’en 2018, en plus des trois milliards déjà promis en novembre dernier par l'UE.
"Nous n'avons jamais procédé à une négociation financière", a-t-il déclaré.
"Nous n'avons jamais considéré cela comme une question matérielle. C'est un problème humanitaire. Tous ces demandeurs d'asile et les réfugiés sont nos frères. Ce point de vue ne changera pas, indépendamment de l'évolution de la situation", a-t-il lancé.
Le Premier ministre a rappelé la nouvelle formule proposée et élaborée par la Turquie. Selon cette formule, contre chaque réfugié arrivé en Turquie, un autre sera autorisé à partir en Europe pour équilibrer ainsi les charges et canaliser et contrôler les flux migratoires.
"Nous avions proposé cela au sommet de Bruxelles", a-t-il dit.
"Notons que cette proposition est basée essentiellement sur l'aspect humanitaire. La Turquie a fait cette proposition pour empêcher que davantage de gens ne meurent en Mer Egée, et pour atténuer et éliminer si possible complètement les passages clandestins", a-t-il expliqué.
"Le but de cette proposition est de prévenir la migration clandestine depuis notre pays, et d'empêcher qu'il ne serve de pays transit. Notre deuxième but consiste à approfondir les relations avec l'UE. Et le dernier objectif n'est autre que de partager les charges et la responsabilité durant la résolution de ces problèmes", a insisté Davutoglu.
"Il faut élaborer des études techniques d'abord", a-t-il dit.
"Nos équipes y travaillent. Nous avions insisté sur l'anticipation au mois de juin prochain, la levée des visas d'entrée imposé aux ressortissants turcs pour entrer dans l'UE, afin d'approfondir les relations", a-t-il poursuivi.
"Nous nous sommes réunis dans la journée avec les ministres concernés par le sujet, pour faire accélérer les travaux au Parlement. Nous espérons que nous les achèverons d'ici le mois de mai", a-t-il conclu.