AA / Ankara / Kurbani Geyik
Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu, président de l’AK Parti, a annoncé, jeudi, l’échec des concertations avec le Parti Républicain du Peuple (CHP, opposition) pour la formation d’un gouvernement de coalition.
Davutoglu s’exprimait lors d’une conférence de presse tenue au siège de l’AK Parti, à l’issue de son entretien avec le président du CHP, Kemal Kılıçdaroğlu, consacré à cette question.
Il a affirmé que des divergences profondes sont apparues lors des négociations entre les deux partis au sujet de certains dossiers, principalement les affaires étrangères et l’enseignement, considérant cependant que « les divergences d’opinion sont un fait normal ».
« Nous avons mené des discussions honnêtes et nous sommes parvenus à la décision de poursuivre le dialogue dans le cadre de l’entente réciproque. Mais une conviction est née [des concertations], c’est qu’il n’y a pas actuellement de plateforme idéale à la formation d’un gouvernement de coalition », a-t-il déclaré.
Le président de l’AK Parti a, par ailleurs, souligné que la tenue d’élections anticipées est désormais fort probable et semble être "la seule option" devant l’échec de formation d’un gouvernement de coalition avec le CHP et la volonté du Parti d'action nationaliste (MHP) d’aller vers des élections anticipées.
Davutoglu estime que son parti sera le plus grand bénéficiaire des élections anticipées "puisqu’il ne lui manque que 18 sièges pour pouvoir former seul son gouvernement".
Il a, en outre, nié avoir reçu des directives du président de la République Recep Tayyip Erdogan pour ne pas former de gouvernement de coalition.
« Ceux qui pensent que le président de la République ne veut pas de gouvernement de coalition, et que je tentais de le former par crainte du Congrès général du parti, sont dans l’illusion ».
« Nous ne laisserons pas le pays sans gouvernement, pas même une seconde ; et nous ne permettrons pas que le pays entre en crise, même si cela devra se faire aux dépens de mon avenir politique et des intérêts de mon parti », a-t-il insisté.
Lors des dernières législatives, tenues le 7 juin, l’AK Parti a obtenu 258 sièges, alors que le CHP a obtenu 132 sièges, et le MHP 80 sièges. Le HDP (à majorité turque) a également obtenu 80 sièges sur les 550 que compte le Parlement.