AA - Ankara - Nur Gülsoy
Il faut tenir compte des engagements internationaux de la Turquie lorsqu'on débat du rétablissement de la peine de mort, a déclaré le président du Parlement, Cemil Cicek, lors d'une réunion, lundi à Ankara.
Le président du Parlement a commenté les débats qui ont éclatés après le meurtre d'une jeune étudiante, Ozgecan Aslan, dans le sud de la Turquie.
La police turque a retrouvé le 13 février le corps calciné d’une femme dans une forêt d'un village proche de la ville de Tarse (province de Mersin-Sud de la Turquie).
Les tests ADN ont permis d'identifier la victime âgée de 20 ans, étudiante en psychologie, déclarée disparue par sa famille trois jours avant que son corps ne soit retrouvé.
L'enquête a permis d'arrêter le suspect, un conducteur de bus, qui a reconnu les faits, expliquant qu'il a attiré la victime dans une zone déserte pour la violer, et que face à la résistance dont elle a fait preuve il l'a d'abord poignardée plusieurs fois, l'a frappée avec une barre de fer puis a mutilé ses mains au niveau des poignets, avant de la brûler "pour effacer toute trace de son ADN".
"[Les actes de violence contre les femmes] sont des actes que nous condamnons tout sévèrement, et n'acceptons aucunement, a-t-il déclaré. Ils nuisent non seulement à la soicété ici, mais aussi au prestige de la Turquie. De ce fait, le meurtre sauvage d'Ozgecan a déclenché une indignation au sein du peuple. Nous sommes tous consternés et cherchons à l'exprimer de différentes manières."
"Le peuple attend une peine de mort pour les auteurs de ce meurtre, a fait remarquer Cemil Cicek. Du coup, les ministres se sont aussi saisi de ce débat. Le peuple a exprimé une telle réclamation, certaines déclarations ont suivi. Sauf que la Turquie a des engagements internationaux et il faut débattre dans ce cadre-là. Sinon, nous discuterons d'un seul aspect du sujet, ce qui serait inefficace."
Cemil Cicek s'est aussi opposé à la remise des peines: "il ne faut procéder ni à des remises de peine, ni à des remises d'impôts. Les plus dangereuses étant surtout les premières. Elles dégradent la confiance qu'on a envers le système judiciaire. Elles encouragent aussi, d'une façon ou d'une autre, certains délinquants et criminels."
Au lendemain de la découverte du corps d'Ozgecan Aslan, Nihat Zeybekci, le ministre turc de l'Economie, avait appelé à la révision de la décision d'abolition de la peine de mort en Turquie.