AA / Ankara / Meltem Uzun
Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, a démenti l’information selon laquelle des Peshmergas auraient atteint la ville syrienne de Kobané à travers les frontières avec la Turquie, soulignant que les négociations se poursuivent à ce sujet.
Dans une interview accordée mardi à une chaîne de télévision turque, Cavusoglu a déclaré en réponse à une question posée sur le passage des peshmergas à la ville syrienne de Kobane à travers le territoire turc : «Ils ne sont pas passés, mais les négociations se poursuivent avec les services de sécurité et de renseignements à ce sujet ».
Il a ajouté que la Turquie a été claire à propos de ce qu’il fallait faire soit par rapport à l’Irak, la Syrie, l’EIIL ou Kobané, précisant que l’approche de la partie turque n’a pas changé sur ces questions.
Cavusoglu a rappelé que la Turquie ne souhaite pas que la ville kurde de Kobané tombe entre les mains de l’EIIL, précisant que son pays a fait plus qu’il ne lui a été demandé notamment sur le plan humanitaire. Il a estimé à 305 millions de dollars l’aide turque.
Selon Cavusoglu, “Toutes les factions en Syrie ne souhaitent pas l’édification d’un Etat démocratique, mais un Etat qui tienne compte de leurs intérêts.
D’autres part, a-t-il poursuivi, il y a des groupes qui s’affrontent et d’autres qui combattent le régime dans le but de contrôler une zone comme les kurdes syriens du PYD ou l’EIIL qui est actuellement en meilleure position que le reste des factions.
Finalement, il n’y a pas de différence entre l’EILL et le PYD, a estimé le ministre turc des Affaires étrangères qui les considère comme deux organisations terroristes, sur un pied d’égalité et dont le but est l’instabilité de la Syrie dans l’espoir de pouvoir mettre la main sur une des régions du pays.
Le ministre des Affaires étrangères a insisté sur la nécessité pour l’armée syrienne libre de combattre l’EIIL à Kobané et dans d’autres zones. Il a rappelé, dans ce contexte, que la seule force reconnue par la Turquie de façon officielle et qui combat l’EIIL et le régime en Syrie, c’est l’armée syrienne libre.
Pour Cavusoglu, le Parti kurde syrien (PYD) représente la continuité de l’organisation terroriste du PKK. Il a ajouté que les Etats-Unis ont déclaré apporter un soutien limité au PYD jusqu’à ce que les peshmergas arrivent sur place (à Kobane), précisant que la Turquie s’oppose à accorder un soutien large au PYD "car nous ne pouvons appuyer que l’armée syrienne libre".