Enes Kaplan,Sarp Özer,Ayvaz Çolakoğlu
30 Octobre 2017•Mise à jour: 30 Octobre 2017
AA - Ankara - Ayvaz Colakoglu
Le vice-Premier ministre turc et porte-parole du gouvernement, Bekir Bozdag a déclaré, concernant le référendum illégitime du Nord de l'Irak, que "(Massoud) Barzani doit faire face à ses erreurs. Le fait de dire, "je gèle le référendum" ne résout pas le problème, l'annulation du référendum est une obligation."
Bozdag s'exprimait, en sa qualité de porte-parole du gouvernement, lundi, au cours d'une conférence de presse organisée à l'issue du conseil des ministres, au palais Cankaya à Ankara.
Il a tout d'abord souhaité que la nouvelle ligne ferroviaire Bakou-Tblissi-Kars, inaugurée lundi à Bakou, en présence du président turc, Recep Tayyip Erdogan, apportera la paix, la stabilité et la prospérité et contribuera au développement de la région.
Cette nouvelle "route de la soie ferrée" reliera directement Pékin à Londres et permettra l'acheminement, aussi bien des passagers que des marchandise.
Dans le cadre de la lutte contre l'organisation terroriste FETO, auteure de la tentative de putsch manqué du 15 juillet 2016, de nombreuses restrictions avaient été apportées aux fonctionnaires de l'Etat voulant se rendre à l'étranger comme celle d'obtenir une attestation de la part de son administration de tutelle.
Le porte-parole du gouvernement a annoncé que cette mesure sera annulée à partir du 15 novembre prochain.
"L'obligation faite aux fonctionnaires, souhaitant quitter le territoire, de fournir une attestation de leur administration sera levée à partir du 15 novembre. Nous avions pris cette disposition à la suite du 15 juillet, une mesure qui s'est avérée utile mais qui aujourd'hui n'est plus nécessaire" a-t-il indiqué.
Bekir Bozdag a souligné que le référendum illégitime du Nord de l'Irak doit être annulé.
"(Massoud) Barzani doit faire face à ses erreurs. Le fait de dire, "je gèle le référendum" ne résout pas le problème, l'annulation du référendum est une obligation" a t-il lancé.
En réponse aux allégations relayées par certains milieux, selon lesquels une négociation entre l'ancien Chancelier allemand Schröder et le président truc Recep Tayyip Erdogan aurait abouti à la remise en liberté des détenus dans le procès de Buyukada, Bozdag a souligne le respect du principe d'indépendance de la Justice en Turquie tout en rejetant catégoriquement ces affirmations.
"L'ancien Chancelier allemand, Schröder, est un ami proche de notre président. Il leur arrive, de temps en temps, de se retrouver pour échanger sur les relations Turquie-Allemagne, Turquie - UE, parmi d'autres sujets. Madame Merkel avait été informée de la dernière rencontre. Aucun sujet en lien avec des procédures judiciaires en cours en Turquie n'a été abordé. En Turquie la justice est indépendante et impartiale" a t-il souligné.
Le vice-Premier ministre turc a vivement réagi au propos tenus par le vice-président du principal parti d'opposition, le CHP (parti Républicain du Peuple), Bulent Tezcan qui au cours d'un meeting a qualifié le chef de l'Etat turc, Recep Tayyip Erdogan de "dictateur fasciste".
"Ceux qui ont été à l'avant garde des "applications" fascistes en Turquie, s'attaquent sur le même ton au président de la République de Turquie, à l'origine de nombreuses réformes démocratiques. Nous condamnons fermement ces propos. Le fait qu'une personne du nom de Tezcan puisse faire preuve de cette indécence est la plus grande preuve que la République de Turquie n'est pas un Etat fasciste et qui ne renferme pas de dictateur ou de fasciste" a -t-il conclu.