AA - Ankara - Nur Gülsoy
Al-Assad est le Baas arabe, CHP est le Baas turc, HDP est le Baas kurde, a lancé mardi le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu.
Le chef du gouvernement turc s'est exprimé devant son groupe de députés du parti de la Justice et du Développement (AKP, au pouvoir) au Parlement où il a critiqué les prises de positions de Kemal Kilicdaroglu, chef du premier parti de l'opposition, Parti républicain du peuple (CHP), ainsi que celle du Parti démocratique des peuples (HDP).
"La Turquie est contre l'EIIL et al-Assad et continuera de suivre cette même approche, a-t-il affirmé. Kilicdaroglu pourra-t-il affirmer aussi nettement la même chose: 'nous sommes contre les deux?' Leur seul but est de protéger le régime syrien et al-Assad. Car ils ont la même mentalité. Al-Assad est le Baas arabe, CHP est le Baas turc, HDP est le Baas kurde. Ils n'ont jamais eu l'esprit démocratique et des droits de l'Homme."
Davutoglu a estimé que les deux partis ressemblent au parti baas syrien avec une idéologie unique qui ne doit pas pas être contestée. "Si vous donnez l'occasion au CHP, il mettra en place un Etat uniforme, de statu quo idéologique, a dit le Premier ministre. Exactement comme la Syrie d'Al-Assad... Si le HDP a l'occasion il n'y aura plus aucun Kurde qui pensera différemment d'eux."
Aussi, le chef de l'AKP, Davutoglu, a abordé la question des réfugiés, soulignant : "Nous avons accueilli 200 000 personnes originaires de Kobani sans leur poser la moindre question. Ô provocateurs, ils ne sont pas arrivés en Turquie pour vous. Ils sont venus pour trouver refuge sous l'ombre du drapeau turc, symbole de l'indépendance et de la lutte anti-impérialiste. Le nombre des réfugiés admis au cours de ces trois ans et demi dans certains pays européens qui critiquent la Turquie n'atteint même pas celui qu'on a accueilli en trois jours. Ils n'ont ni le droit ni la légitimité de nous critiquer."
"Nous allons entreprendre des démarches en vue d'assurer la sécurité, a insisté le Premier ministre. Les interventions de la police turque sont vues par certains comme des 'recours à la force excessive' alors qu'ils qualifient les actions similaires de la police à Francfort, à Londres ou à New York de 'mesures de sécurité’. C'est une politique de ‘deux poids, deux mesures’ et elle est par conséquent inacceptable, a-t-il fait remarquer, ajoutant: "Nous garantissons que nos forces de sécurité et notre système judiciaire opéreront rapidement face aux incidents'."
Concernant les récentes manifestations de soutien à Kobani, Ahmet Davutoglu a déclaré que"le processus de résolution n'autorise pas le trouble à l'ordre public. L'ordre public sera garanti à tout prix."