Turquie

Akar: "L'opération Irini ne repose pas sur des bases solides du droit international"

- "L'interception d'un navire commercial turc est totalement contraire au droit international, elle a été menée dans le reniement des pratiques", a par ailleurs déclaré le ministre turc de la Défense.

Sarp Özer,Tuncay Çakmak   | 24.11.2020
Akar: "L'opération Irini ne repose pas sur des bases solides du droit international" ( Arif Akdoğan - Anadolu Ajansı )

TBMM

AA / Ankara

Le ministre turc de la Défense, Hulusi Akar, a qualifié de "bancale", l’opération européenne Irini, "qui ne repose pas sur des bases solides du droit international", après une perquisition illégale en Méditerranée d'un navire battant pavillon turc à destination de la Libye.

Le ministre Akar s’est exprimé, mardi, au sujet de l’interception du navire « MV Roseline A », battant pavillon turc, par une mission navale de l'Union Européenne dimanche.

La frégate allemande responsable de l'action illégale faisait partie de l'opération Irini, une mission européenne lancée pour faire appliquer l'embargo des Nations Unies sur les armes en Libye.

"L'opération Irini est née bancale, elle ne repose pas sur des bases solides du droit international", a-t-il avant tout dénoncé.

Il a rappelé que le navire intercepté ne transportait que du matériel et des aides humanitaires à destination de la Libye.

"L'interception d'un navire commercial turc est totalement contraire au droit international, elle a été menée dans le reniement des pratiques", a-t-il ensuite affirmé, soulignant que la Turquie, qui coopère avec le Gouvernement légitime libyen, reconnu par l’ONU, est tout à fait en droit de faire parvenir des aides humanitaires à ce pays.

Hulusi Akar a notamment dénoncé le comportement "sentimental" et "subjectif" de ceux qui dirigent l’opération Irini.

Il a par ailleurs accusé les propos "erronés et déformés" de certains pays alliés concernant l'interception du navire commercial turc en Méditerranée.

La Turquie a fermement condamné, lundi, l’intervention illégale du

Le ministère turc des Affaires étrangères a déclaré que le navire ne transportait que de la peinture, du matériel de peinture et de l’aide humanitaire au port libyen de Misrata, et qu’il n’enfreignait pas l’embargo de l’ONU.

Le ministère turc a également convoqué lundi les ambassadeurs et représentants de l'UE, de l'Italie et de l'Allemagne.

La Turquie a longtemps soutenu que l'embargo de l'ONU était appliqué de manière biaisée en faveur du chef de guerre Khalifa Haftar.

La Libye est déchirée par une guerre civile depuis l'éviction de Mouammar Kadhafi en 2011.

Un nouveau gouvernement a été fondé en 2015 dans le cadre d'un accord dirigé par l'ONU, mais les efforts pour un règlement politique à long terme ont échoué face aux attaques des forces de Haftar.

La Turquie soutient le gouvernement légitime du pays basé à Tripoli, la capitale.

* Traduit du turc par Tuncay Çakmak

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