AA - Ankara - Nur Asena Gülsoy - Lorène Barillot
Le Président de la République turque a commenté les relations turco-africaines qui ont progréssé dans le cadre du programme d'ouverture de la Turquie à l'Afrique, à l'occasion de sa rencontre avec le Président du Niger Issoufou Mahamadou à Ankara, au Châlet de Çankaya, le 11 mars.
"La Turquie s'est tournée vers l'Afrique depuis quelques temps. Pourrez-vous nous dire dans quelle perspective vous agissez?", a demandé un journaliste nigérien. Abdullah Gül a répondu que "la première raison de ce programme était de ne pas rester insensible aux problèmes de l'Afrique. Nous croyons avec sincérité que l'Afrique a de grand problèmes, que les peuples africains seuls ne peuvent pas résoudre. C'est pourquoi, nous nous efforçons d'aider l'Afrique à résoudre ses problèmes humanitaires, dans le cadre des organisations officielles ou des organisations non gouvernementales. Notre contribution mondiale par an, pour l'aide humanitaire, s'élève à 2 milliards de dollars. Nous sommes l'un des plus grands donateurs au monde."
Gül a indiqué que la Turquie avait porté de l'aide à l'Afrique, à l'Asie et aux Balkans, sans en attendre de contre-partie, et il a signalé que le nombre d'ambassades de Turquie présentes en Afrique allait passer de 35 à 39 à la fin de l'année, pour "développer les relations de manière plus contrôlée". Le Président Gül a expliqué : "les hommes d'affaires turcs sont très intéressés dans la région. Leurs investissements apportent de la technologie, du savoir-faire, des moyens éducatifs en Afrique. Il faut considérer les activités d'une multitude d'écoles et d'organisations de société civile, comme les contributions faites par le peuple turc aux peuples africains. Nos relations reposent sur l'honnêteté, la sincérité et le principe du "gagnant-gagnant". Il y a nos relations économiques, aussi. La Turquie est un pays qui entre en partenariat stratégique avec l'Afrique. Il y aura un deuxième sommet pour cela, l'an prochain. L'Afrique avait signé des accords de partenariat stratégique avec certains pays. La Chine, l'Inde, et la Turquie."
Le Président turc a précisé que la Turquie accordait de l'importance à la stabilité politique et à la sécurité au Niger, et qu'elle était prête à y contribuer au mieux. Il a aussi évoqué les relations économiques, marquées par les investissements et les coopérations.
Les différents représentants diplomatiques des deux pays ont signé plusieurs accords et protocoles, dont le protocole de "Coopération technique et de développement", le traité de "Coopération pour la sécurité", le protocole de la "Coopération pour la formation de la police".
En outre, Abdullah Gül a aussi évoqué le décès de Berkin Elvan, un adolascent blessé lors des événements de Gezi, et qui est décédé après être resté 269 jours dans le coma. "Quand j'ai appris son décès à la télévision, j'ai été vraiment triste. Il n'était qu'un enfant de 14 ans lors de l'incident. J'ai appris qu'il était décédé aujourd'hui. Mes condoléances à sa famille. Je partage leur douleur", a déclaré Gül.
Le Président turc a aussi abordé le sujet de la libération des individus détenus depuis longtemps en prison, sans justification, dont l'ancien Chef d'Etat Major Ilker Başbuğ. Gül a affirmé que les longues durées de détention étaient presque devenues une punition, et a ajouté, en revenant sur le jugement de l'attaque armée réalisée au Conseil d'Etat en 2006 qui n'a pas été prononcé : "Si on ne peut pas prononcer une décision dans un délai de 5 ans, même si il y a un flagrant délit, même quand les coupables ont été captivés, nous devons alors réfléchir sérieusement. [... ] Le fait de ne pas pouvoir justifier une décision dans une si longue durée, ce n'est pas acceptable. Ce n'est pas discutable, c'était un flagrant délit... Les coupables ont été trouvés. Ils ont été arrêtés le jour même mais beaucoup de temps s'est écoulé. Donc, je pense qu'il faut discuter de tout cela et rapidement prendre les mesures nécessaires en ce qui concerne notre système judidicaire. Il y a eu des réformes, comme vous le savez. Le nombre de membres de la Cour de Cassation et du Conseil d'Etat a augmenté, afin de réduire le nombre de dossiers accumulés."