Erbil Başay
20 Janvier 2016•Mise à jour: 20 Janvier 2016
AA / Berlin / Erbil Basay
Le ministre allemand des Affaires étrangères, Franck-Walter Steinmeier, a dit que l’Union européenne (UE) a «manqué à ses engagements pris à l’égard de la Turquie, s’agissant de la crise des réfugiés».
Steinmeier faisait ses déclarations au cours d’une rencontre, mardi, avec les correspondants des médias étrangers accrédités à Berlin.
Il a évoqué, au cours de cette rencontre, l’accord conclu par la commission de l’UE avec la Turquie, à la fin du mois de novembre dernier, à Bruxelles, sur les réfugiés.
Steinmeier a ajouté que «le manquement de l’Union consiste à n'avoir pas envoyé l’enveloppe promise à l’effet de contribuer à financer l’accueil des réfugiés syriens sur le sol turc».
Le ministre allemand a reconnu que l’UE ne dispose pas de solution rapide à la crise des réfugiés, soulignant à ce propos que «la fermeture des frontières n’est pas une solution».
Et Steinmeier de poursuivre : «La Turquie n’a pas honoré à son tour tous ses engagements. Cependant, Ankara a, dans le cadre d’une première mesure, imposé un visa aux ressortissants syriens en provenance d’un pays tiers».
«La Turquie s’est engagée également à ouvrir le champ du travail aux réfugiés syriens pour participer au marché de l’emploi turc», a-t-il relevé.
« Je prévois que la Turquie prendra de meilleures mesures pour protéger ses frontières”, a-t-il prévu.
« L’Allemagne a amendé la législation sur les réfugiés», a dit Steinmeier, critiquant par ailleurs les mesures prises à l’échelle européenne.
Steinmeier a précise à ce propos : « je ne veux pas dire par la répartition des réfugiés sur les Etats membres de manière équitable seulement mais aussi le retard accusé dans la mise en place de centres d’inscription des réfugiés également».
Le ministre allemande a réaffirmé “l’importance de lutter contre les facteurs générant l’exil des réfugiés pour résoudre cette crise ». « La Turquie est un pays central pour la résolution de la crise », a-t-il assuré à ce propos.
S’agissant de la tension qui secoue les relations saoudo-iraniennes, Steinmeier a indiqué que la “tension entre ces deux pays du Golfe ne se transformera pas en une amitié, du jour au lendemain », appelant les deux pays à « faire preuve de retenue pour contrôler la situation et éviter toute escalade ».