Muhammet Tarhan,Nazlı Yüzbaşıoğlu
11 Octobre 2022•Mise à jour: 11 Octobre 2022
AA/Ankara
Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a indiqué avoir dit au Premier ministre arménien, Nikol Pashinyan, qu'en Arménie, malgré le soutien apporté à la paix par le peuple, la voix de ceux qui ne veulent pas la paix résonne trop fort.
Cavusoglu a répondu mardi aux questions sur l'actualité sur la chaine TVNET.
Il a rappelé que le peuple arménien soutien les efforts de paix mais que la voix de ceux qui ne la souhaitent pas résonne trop fortement.
"Mais cette guerre (la guerre du Karabakh) est terminée. Le fait que le peuple arménien ait soutenu (le Premier ministre arménien Nikol) Pashinyan après la guerre signifie 'Nous voulons la paix', mais les voix de ceux qui ne veulent pas la paix résonne beaucoup trop, à la fois en Arménie et au sein de la diaspora arménienne. Cela crée donc une pression", a-t-il précisé.
Cavusoglu a affirmé que la Türkiye est sincère dans la recherche de la paix dans cette région et qu'à ce stade, les discussions entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie avancent de plus en plus positivement après chaque réunion.
Pour le chef de la diplomatie turque, la reprise des échanges avec la Türkiye est à l'avantage de l'Arménie.
"Cet accord de paix a également été proposé par l'Azerbaïdjan. L'Azerbaïdjan est également extrêmement sincère pour une paix durable et une normalisation complète avec l'Arménie. Le seul problème de l'Azerbaïdjan était de reprendre ses territoires occupés. Il n'a pas d'autre problème", a-t-il souligné.
Cavusoglu a assuré que la guerre russo-ukrainienne devient de plus en plus compliquée à mesure que sa durée se prolonge et que les parties s’éloignent tout autant de la voie de la diplomatie, recherchant la supériorité sur le terrain.
Ce dernier a critiqué l'Occident pour avoir coupé le dialogue avec la Russie et assuré que si la Türkiye avait suivi la même voie, il aurait peut-être pas été impossible de trouver un accord sur les céréales.
Il a assuré qu'un cessez le feu était primordial avant de négocier une paix équilibré assurant l'intégrité territoriale de l'Ukraine.
Interrogé sur la situation des relations avec la Libye et le malaise de la Grèce face à l'accord de délimitation des eaux territoriales signé en la Türkiye et la Libye, Cavusoglu a rappelé que la Türkiye n’a besoin de la permission de personne pour signer un accord, ajoutant que le seul objectif de la Türkiye est l'unité, la cohésion et la stabilité de la Libye.
"Nous apportons un soutien (à la Libye) dans tous les domaines, mais tout le monde a un agenda différent" a-t-il insisté.
A la question de l'éventualité d'une guerre avec la Grèce, Cavusoglu a répondu, "La Grèce, ou bien d’autres, cela ne fait aucune différence. Qu'a dit le président (Erdogan) lors de la conférence de presse à Prague ? Quiconque attaque ou représente une menace pour la Türkiye, qu'il s'agisse d'un pays ou d'une organisation terroriste... Cela ne fait aucune différence. Nous ferons tout ce qu'il faut contre lui. Nous avons aussi le pouvoir d’éliminer cette menace. La Türkiye en est capable. Nous disposons de cette force".