Selma Kasap
29 Août 2017•Mise à jour: 30 Août 2017
AA / Ankara / Selma Kasap
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a condamné, avec force, lundi, les violences dans l’Etat d’Arakan en Birmanie, affirmant qu’Ankara exprimera sa position du haut des tribunes des institutions internationales concernées, au premier rang desquelles figure l’Organisation des Nations Unies.
C’est ce qui ressort d’une interview télévisée accordée par Erdogan, dans la capitale Ankara, trois ans après son accession au poste de président de la République.
«La Turquie envisage d’accélérer ses initiatives et prendra les mesures nécessaires face aux attaques dont sont cibles les Musulmans dans l’Arakan», a-t-il souligné.
Plus tôt dans la journée, le Conseil européen Rohingya a annoncé, dans une déclaration accordée à Anadolu, le meurtre de deux à trois mille musulmans ces trois derniers jours dans les attaques de l'armée du Myanmar à Arakan.
Les affrontements ont éclaté à la suite des attaques perpétrées par des hommes armés contre 26 sites appartenant à la police, aux gardes-frontières et aux forces de sécurité à Arakan, et ce le jeudi à minuit, selon la police locale.
L’armée birmane a commis au cours des jours écoulés des violations flagrantes et manifestes des droits de l’Homme dans le Nord de l’Etat d’Arakan en recourant à un usage disproportionné de la force contre les Musulmans Rohingya.
Sur un autre plan, Erdogan a relevé que « tout service de renseignement doit être lié à la tête de l’Etat, pour garantir que les informations et les dossiers importants soient remis à la présidence. C’est ainsi que procèdent les grandes puissances ».
Erodgan commentait le récent rattachement des services de renseignement turcs (MIT) au président de la République.
Vendredi dernier, un décret a été publié dans le Journal officiel de la République de Turquie, en vertu duquel les services de renseignement sont rattachés au Président de la République.
En vertu de ce décret, les services turcs de renseignement ont été rattachés au président de la République et ce dernier dispose désormais de la prérogative de présider le Conseil de coordination national des Renseignements, qui était présidé auparavant par le chef du MIT.
Le décret accorde au président de la République l’attribution d’approuver ou pas la décision d’interroger le chef des Services de renseignement.