Nur Asena GÜLSOY
21 Juillet 2016•Mise à jour: 21 Juillet 2016
AA - Ankara - Nur Gülsoy
Le président de la République turque, Recep Tayyip Erdogan a annoncé un état d'urgence de trois mois.
Le chef d'État s'est exprimé à l'issue de la réunion du Conseil des ministres, mercredi, au palais présidentiel à Ankara.
Erdogan a annoncé l'état d'urgence pour trois mois, suivant l'article 120 de la Constitution, pour assurer la neutralisation rapide des membres de l'organisation terroriste FETO qui ont tenté un soulèvement militaire le 15 juillet.
Le président a assuré que l'état d'urgence n'est pas du tout une concession vis-à-vis de la démocratie, du droit et des libertés, et que «la décision vise à protéger et renforcer les valeurs [du pays], au contraire.»
«Les armes, chars, hélicoptères et avions des putschistes n'ont servi à rien contre le peuple qui a tenu le pays, a-t-il déclaré. Le peuple a écrit une légende héroïque durant toute la nuit [du 15 au 16 juillet], contre les terroristes vêtus d'uniformes militaires.»
Erdogan s'est réjoui du fait que pour la première fois dans l'Histoire de la Turquie, le peuple ait empêché une tentative de coup d'État.
«La Turquie a démontré, au prix des vies de ses concitoyens, sa fidélité à la démocratie et à l'Etat de droit, a-t-il poursuivi. La Turquie n'a jamais fait et ne fera jamais de concessions concernant la démocratie.»
Le président a ajouté que 246 innocents parmi les civils, les policiers et les soldats, sont tombés en martyr, et 1536 autres ont été blessés.
Quant à la baisse de la note souveraine de la Turquie par l'agence de notation financière S&P après le soulèvement, Erdogan a martelé: «Elle annonce une décision politique à son gré, en se demandant si 'les investissements pourraient s'arrêter après une telle décision'. Cher S&P, ne vous mêlez pas inutilement de nos affaires. Vous avez fait les mêmes choses auparavant, elles n'ont pas marché, et ne marcheront pas cette fois-ci non plus.»
Erdogan a félicité les concitoyens qui sont descendus dans la rue pour soutenir la démocratie face aux chars, ainsi qu'aux forces de sécurité qui ont lutté contre les putschistes, parfois au sacrifice de leur vie.
Des membres de l'organisation terroriste parallèle FETO dirigée par Fetullah Gulen (personnalité religieuse en exil volontaire aux États-Unis d'Amérique), infiltrés dans l'Armée turque, ont tenté un soulèvement le 15 juillet.
La tentative a été déjouée et plusieurs fonctionnaires publics, dirigeants, membres du judiciaire ont été limogés et suspendus de leur fonction dans le cadre des enquêtes menées.