Sinan Uslu,Tuncay Çakmak
19 Août 2016•Mise à jour: 20 Août 2016
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le Premier ministre turc, Binali Yildirim, a exprimé la désillusion de son pays face au manque de solidarité de la part des Européens et des Occidentaux vis à vis de la Turquie après le coup d’Etat raté du 15 juillet dernier.
S’dressant, jeudi soir, aux chefs des missions diplomatiques étrangères en poste à Ankara, Yildirim est revenu sur le coup d’Etat entrepris par l’organisation terroriste FETO mais aussi sur les récents attentats du PKK dans le sud-est du pays.
«Au lendemain du 15 juillet, nous nous attendions à ce que les démocraties développées soient solidaires avec nous en venant en Turquie, comme ce fut le cas à Paris après l’attaque contre Charlie Hebdo, mais elles ne l’ont pas fait. Nous nous attendions également à ce que nos amis dénoncent fermement et immédiatement le coup d’Etat manqué, et expriment aussi leur solidarité avec la démocratie turque de la meilleure façon qui soit», a-t-il regretté.
Le Premier ministre a d’ailleurs critiqué les propos de nombreux pays européens qui exprimaient «leurs inquiétudes» face aux mesures prises par le gouvernement après le coup d’Etat raté contre les membres de FETO.
«C’est très décevant. Nous avons été attristés par leur volonté de défendre ceux qui ont tué nos citoyens et qui ont cherché, par la violence, à écarter un gouvernement et un président démocratiquement élus», a-t-il dit.
Binali Yildirim a cependant, remercié les représentants diplomatiques en Turquie, qui, dès le 16 juillet, se sont réunis au Parlement à Ankara, bombardé par les putschistes, pour exprimer leur solidarité à la démocratie turque.
«Je vous remercie très sincèrement pour cette position. Vous avez vécu avec nous toute la violence du coup d’Etat. Vous avez ressenti les mêmes choses que nous quand ces traîtres ont bombardé le Parlement, la Présidence, l’état-major, Turksat et quand ils ont tiré sans scrupules sur des civils», a-t-il déclaré.
Yildirim a, par ailleurs, abordé les récentes attaques du PKK à Van, Bitlis et Elazig, dans le sud-est.
«Cette organisation terroriste continue à tuer sans faire de distinction entre policiers, soldats, civils, femmes et enfants. Je maudis toutes les organisations terroristes dans le monde dont le seul but est de tuer et d’imposer le chaos. Toutes doivent savoir une chose c'est qu'elles n’atteindront leurs objectifs ni en Turquie, ni dans un quelconque autre pays du monde», a-t-il affirmé.
En dernière partie de son intervention, le Premier ministre Yildirim a rappelé qu’en matière de politique étrangère, la volonté du gouvernement turc est de multiplier le nombre des amis et de diminuer celui des ennemis.
«Le fait de développer nos relations avec la Russie, au Moyen-Orient, en Extrême-Orient et en Afrique, n’est pas une alternative à l’Union Européenne (UE) et aux Etats-Unis. Nous allons renforcer nos relations avec Washington», a-t-il assuré.
Mais il a toutefois fait une parenthèse sur les relations avec l’UE.
«Nous partageons un chemin de plus d’un demi-siècle avec l’UE. Nous ne pouvons pas faire comme si cela n’existait pas. Nous serons aussi sincères avec l’Europe qu’elle l’est avec nous. Mais notre volonté d’adhésion à l’Union ne va pas changer», a-t-il dit.
«Après un retour à la normale avec Israël et la Russie, notre priorité est de mettre fin au conflit meurtrier en Syrie. Nous devons travailler ensemble, avec les pays de la région mais aussi avec la Russie et les Etats-Unis pour trouver une solution politique dans ce pays», a-t-il ajouté.