Arif Yusuf
08 Novembre 2017•Mise à jour: 08 Novembre 2017
AA / Irak / Ibrahim Saleh
Le Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme en Irak a appelé, mercredi, les habitants de la province de Kirkouk, touchés par les violations des forces de la sécurité du District du Nord, Asayesh, dans la période où elles dominaient la province, à déposer leurs plaintes auprès du Commissariat.
Le Commissariat (indépendant) a indiqué, dans un communiqué que "les citoyens victimes des violations des droits de l’Homme devraient se rendre au Bureau du Commissariat à Kirkouk (nord) pour déposer leurs plaintes".
"Cet appel survient sur la base des constatations de la délégation du Commissariat, lors de sa visite à la province et la rencontre de responsables et de civils", affirme le communiqué.
Il a ajouté que "le Commissariat a ordonné à son Bureau à Kirkouk de travailler davantage sur l’enregistrement des plaintes et leur vérification avant de les transférer aux organes spécialisés".
Le Commissariat a d’autre part salué, à travers son communiqué, l’initiative du Premier ministre Haïder al-Abadi et sa réactivité à l’égard de l’appel du Commissariat à rendre justice aux victimes et à leurs familles.
Al-Abadi a ordonné, mardi, de lancer une enquête sur les arrestations menées par les Asayesh à Kirkouk, dans la période où les Peshmergas contrôlaient la province.
Les familles des détenus dans les prisons des Asayesh ont appelé al-Abadi à ouvrir une enquête et à déterminer le sort de leurs enfants, accusant les unités sécuritaires kurdes de les avoir arrêtés, dans la période entre 2003 (destitution de Saddam Hussein) et octobre dernier.
Les Peshmergas et les Asayesh dominaient entièrement la gestion des affaires de la sécurité dans la province de Kirkouk, jusqu’à la mi-octobre dernier, lorsque les forces fédérales ont pris le contrôle de la province.
Des dizaines d’arabes sunnites ont manifesté mardi dans la ville de Kirkouk, protestant contre la détention de centaines de civils par les Asayesh.
La tension s’est accentuée entre l’Irak et le District de Nord, à la suite de la tenue du référendum illégal de sécession, le 25 septembre dernier, considéré comme anticonstitutionnel par le gouvernement irakien.
Les forces irakiennes avaient lancé, le 16 octobre dernier, une vaste campagne sécuritaire, au cours de laquelle elles ont pris le contrôle de la majorité des régions contestées, dont Kirkouk, face à une faible résistance des Peshmergas.