Kemal Karadağ,Ayvaz Çolakoğlu
03 Mars 2017•Mise à jour: 03 Mars 2017
AA - Malatya (Turquie) - Ayvaz Colakoglu
Le ministre turc de la Justice Bekir Bozdag a déclaré au sujet de l'annulation de son meeting en Allemagne, "on voit très clairement qu'il s'agit d'une décision qui vient de plus haut que la mairie, c'est une décision scandaleuse, dénuée de toute courtoisie diplomatique".
Bekir Bozdag s'est exprimé lors d'une conférence dans le cadre de la compagne référendaire, vendredi à Malatya (Est), il en a profité pour abordé, depuis son retour en Turquie, la décision d'annulation de son meeting prise par les autorités allemandes.
" Toutes les formalités avaient été effectuées, la veille de l'événement, un état des lieux de la mairie et une convention sur la sécurité avec la police avaient été signés. C'est seulement quelques heures avant la tenue du meeting que cette décision est tombée. On voit très clairement qu'il s'agit d'une décision qui vient de plus haut que la mairie, c'est une décision scandaleuse, dénuée de toute courtoisie diplomatique. L'Allemagne qui, par tout temps parle de démocratie, d'Etat de droit, des droits de l'Homme, de la supériorité du droit (...) vient de s'opposer a l'exercice d'un droit par la communauté turc, celui de se réunir, inscrit pourtant dans la déclaration universelle des droits de l'Homme" a-t-il martelé.
Bozdag a expliqué que le comportement de l'Allemagne était contraire aux principes démocratiques et aux droits de l'Homme les plus fondamentaux, rappelant que la liberté d'expression et de réunion est donnée de façon ostentatoire par les autorités allemandes aux groupes terroristes ennemis de la Turquie.
"Les membres du PKK, FETO, DHKP-C, tous ceux qui commettent des crimes contre la Turquie trouvent refuge en Allemagne. Les auteurs du putsch raté, les criminels hostiles à la Turquie fuient tous là-bas (en Allemagne)", a-t-il affirmé.
Le ministre de la Justice a fait référence à la tentative de coup d'Etat du 15 juillet en Turquie afin de mettre en évidence l'ambivalence de ceux qui défendent les droits démocratiques d'un côté et soutiennent des coups d'Etat de l'autre.
"La Turquie n'a pas de leçon de démocratie à recevoir de la part de l'Allemagne. Qu'ils se retournent et regardent leur histoire. Nous constatons une résurgence d'anciennes maladies, qu'ils s'occupent à soigner cela. S'ils ne trouvent pas les remèdes nécessaires à ces maladies, ceux qui aujourd'hui ont empêché le ministre turc de la Justice de s'exprimer, se trouveront un jour, j'en ai bien peur, en situation de ne plus pouvoir s'exprimer sur leur propre sol" a-t-il lancé.
Bekir Bozdag a également fait savoir que la Turquie et le peuple turc n'avaient besoin de personne pour défendre leur démocratie, "ce peuple va continuer à défendre sa démocratie malgré tout. Cette décision scandaleuse de l'Allemagne est une application fasciste. Nous pensions que le mur de Berlin s'était écroulé depuis longtemps. Mais nous constatons que dans certains esprits de nouveaux murs idéologiques de Berlin sont en construction".
Bozdag a rappelé que le gouvernement allemand a toujours fait prévaloir la supériorité et l'indépendance du droit pour ne pas extrader des milliers de terroristes ayant commis des crimes en Turquie, "mais lorsqu'il s'agit de la justice turque, ils disent qu'elle n'est pas indépendante. Je voudrais leur dire que la justice turque et plus indépendante que la leur".
Le ministre de la Justice Boztag a, pour conclure, précisé qu'il avait annulé, à la suite de cette décision scandaleuse, un rendez-vous qu'il avait avec le ministre allemand de la Justice.