Sultan Çoğalan,Ecenur Çolak,Tuncay Çakmak
26 Avril 2017•Mise à jour: 27 Avril 2017
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le ministre turc des Affaires de l’UE, Omer Celik, a critiqué, mercredi, la visite d'un commandant de l’armée américaine à un camp du groupe terroriste YPG en Syrie.
Interviewé mercredi par les journalistes de la chaîne d’information turque A Haber, Celik était a commenté l’actualité récente en Turquie et dans le monde.
Il a d’abord souhaité revenir sur la visite d’un officier américain dans le nord de la Syrie.
"Un commandant de l'armée américaine, pays membre de l'OTAN, rend visite à un camp en Syrie d'une organisation terroriste qui menace la Turquie. S'inquiéter des frappes turques contre ce camp du Mont Karacok montre que leur approche n'est pas la bonne. C'est plutôt cette visite qu'il faut interroger", a-t-il dénoncé.
Dans la nuit de lundi à mardi, l’aviation turque a bombardé les positions de l’organisation terroriste PKK en Irak et en Syrie.
Pour Celik, un pays allié ne doit pas contrarier ses partenaires. "La collaboration avec certains groupes en Syrie heurte la sensibilité d'un pays allié", a-t-il dit.
Le ministre a ensuite voulu réagir à la décision de mardi de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), votant en faveur de la réouverture de la procédure de suivi politique à l'égard de la Turquie.
Omer Celik a exprimé une nouvelle fois la volonté de la Turquie de «mettre sur table» les relations avec l’Union européenne (UE).
"Début mai ou au plus tard pendant la deuxième semaine de mai, nous aurons des entretiens à Bruxelles et à Strasbourg. Il n’est plus possible d’avancer dans nos relations de cette manière. Il faut réunir un sommet Turquie-UE, même si un tel sommet ne réglera pas tout. Nous devons ensemble définir la voie que va prendre la relation Turquie-UE", a-t-il expliqué.
Selon Celik, le sommet pourrait avoir lieu en fin d’année, une fois que les élections législatives en Allemagne auront été réalisées.
"Malheureusement, la montée du racisme a déboussolé l’Europe, plus aucune politique cohérente n’arrive à être produite. Pendant ce temps, en Turquie, nous menons une politique rationnelle qui va dans le sens de nos intérêts nationaux", a-t-il poursuivi.
Pour le ministre turc, il est temps que les choses s’éclaircissent avec l’Europe, "car la Turquie n’est pas un pays que l’on peut traiter de cette manière".
"Il est clair que dans une période où l’axe atlantique est malmené par l’arrivée au pouvoir d’un président américain qui défend le Brexit et qui dénonce le niveau de participation des pays européens à l’OTAN, les liens Turquie-UE devraient être encore plus forts", a conclu Celik.