Tevfik Durul,Nazlı Yüzbaşıoğlu,Tuncay Çakmak
05 Septembre 2018•Mise à jour: 06 Septembre 2018
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a une nouvelle fois averti qu’une attaque contre Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, serait une catastrophe à tout point de vue.
Le Chef de la diplomatie turque s’est exprimé, mercredi soir, lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue allemand, Heiko Maas, en visite officielle en Turquie.
Après s’être exprimé sur le volonté du gouvernement turc de "normaliser" les relations avec Berlin après une période tendue, Mevlut Cavusoglu a répondu aux questions des journalistes, particulièrement orientées sur la tension grandissante autour de la ville d’Idleb en Syrie.
Le ministre turc a d’abord rappelé que la région d’Idleb est l’une des quatre régions définies à Astana pour mettre en place une zone de désescalade afin d’obtenir un cessez-le-feu durable en Syrie.
"Il est clair que le régime syrien veut attaquer Idleb et en prendre le contrôle, a-t-il dit. Mais la Russie et l’Iran sont les deux pays garants du régime syrien. Nous continuons de discuter avec ces deux pays sur le sujet."
Cavusoglu a, sur ce point, indiqué que les ministères de la défense, des affaires étrangères et les services de renseignements des pays concernés sont en étroites discussions.
"On ne doit pas se mentir. Nous sommes d’accord sur le fait que les groupes radicaux présents à Idleb doivent partir. Mais l’objectif de ces attaques sont de prendre le contrôle d’Idleb. C’est un véritable danger, ce serait une catastrophe à tout point de vue, tant que sécuritaire qu’humanitaire", a-t-il estimé.
Et de poursuivre :
"Ces groupes radicaux ont fui Alep, la Ghouta Orientale ou encore Homs avant de venir à Idleb. Si ces groupes posent problème pourquoi les a-t-on laissé partir de ces régions ? Pourquoi avons-nous ouvert des corridors pour les laisser partir avec leurs armes en main ? Dès le départ, c’était le plan prévu : on les laisse partir puis on se sert d’eux comme prétexte pour attaquer Idleb."
Le ministre turc a également fit savoir que juste après les raids russes de cette semaine sur Idleb, les institutions étatiques turques concernées ont contacté les autorités russes pour leur signifier que ces attaques étaient "une erreur".
Le Chef de la diplomatie turque a souligné le fait que "bombarder tout Idleb sans aucune distinction" dans le but d’éliminer les groupes radicaux "n’est pas une solution".
"Combien de millions de Syriens viendront en Turquie en cas d’attaques ? Peut-être deux millions ou plus. Ces terroristes où vont-ils aller ? Peut-être en Turquie ou dans leurs pays d’origines, en Europe ?", a-t-il lancé.
Dans ce contexte, Cavusoglu a remercié son homologue Maas pour la prise de position du gouvernement allemand au sujet d’Idleb, "position parallèle à celle de la Turquie".
Il en a profité pour appeler les pays alliés et amis à agir concrètement afin de protéger la situation sécuritaire et humanitaire.