AA/ Abidjan - Cleophas Mosala
Abidjan est entré de plein fouet dans l’ambiance du Mondial 2014, le maillot national orne les tribunes et les rues de la ville, le Comité national des supporters est passé à l’action et la capitale ivoirienne semble apostropher avant l’heure la capitale brésilienne.
L’ambiance était électrique en ce jour de mai au stade Félix-Houphouët-Boigny, surnommé « Le Félicia », à Abidjan. Ce terrain ayant abrité les plus grands matchs de l’équipe ivoirienne est plutôt le stade national multifonctionnel (football, rugby, athlétisme) de Côte d'Ivoire et vit ces derniers jours au rythme du mondial de juin 2014 au Brésil.
En ce jour de mai, dans les tribunes du stade d’Abidjan, le temps était à une musique typiquement africaine qui a de tout temps servi comme « un stimulant pour les éléphants ivoiriens et les joueurs africains généralement », comme l'estime Aminata Diallo, du Comité national des supporters de l’équipe nationale ivoirienne.
Djembés, Ngomas, dunduns, sabars et tamas (divers types de tambours africains) émettaient des sons qui, à leur réception, « on ne peut qu’avoir rapidement la chair de poule », selon la jeune demoiselle « passionnée du ballon rond ». Le comité national des supporters de Côte d’Ivoire était en ce jour en pleine action. Vêtus du nouveau maillot conçu spécialement pour le Brésil 2014, tous ses membres étaient présents pour des épreuves de soutien par la musique aux éléphants.
« On chante, on danse, on vit avant l’heure l’ambiance du mondial. Cela nous distrait et nous donne de l’énergie pour mieux préparer ce rendez-vous sportif international. Cela nous fait également du bien, c’est du sport qu’on fait », a-t-elle indiqué.
Pour Aminata, les mélodies typiquement africaines et la danse N’goro et celle des hommes-panthères (danses ivoirienens) seront un stipulant inégalé pour les joueurs de l’équipe ivoirienne pour exceller au Brésil et hisser haut les couleurs du drapeau national et de l’Afrique.
Sur la même ligne et pas loin d’Aminata, Sayouba Angoua, la cinquantaine ne manque pas d’enthousiasme, animant un autre groupe de supporters relevant du même Comité. « Nous sommes les meilleurs supporters du monde, en matière d’esprit sportif. Cela fait 32 ans que je supporte sans répit notre équipe nationale. Il nous est souvent arrivé de soutenir des équipes adverses, ce qui est rare à voir dans d’autres pays », s’est-il félicité.
Son ultime souhait pour le prochain mondial est de voir la Côte d’Ivoire passer au second tour : « nous avons de bons joueurs qui évoluent dans les plus importants championnats du monde, mon souhait me semble à la fois réaliste et légitime », a insisté Sayouba.
Dans les tribunes du stade comme dans les rues et ruelles l’avoisinant, le maillot orangé orne depuis les corps et les façades et les refrains émis à gorges déployées ne sont autres que ceux des supporters, des sons joyeusement accueillis par leurs récepteurs.
A Abidjan, le Brésil 2014 rythme le vécu d'une large part de la population, fait vibrer ses passionnés et la danse du N’goro est au cœur des chorégraphies ornant les tribunes et les rues, en attendant la Samba à Rio de Janeiro, dans quelques jours.