AA/ Mongomo (Guinée équatoriale)/ Yazid Bamse
La prière du vendredi (29 janvier 2015) vient de se terminer. Des dizaines de fidèles, autochtones et supporters étrangers venus pour la CAN, constituent un joli melting pot musulman en sortant par petits groupe de la mosquée centrale de Mongomo.
Les gens parlent peul, ouolof, bambara, haoussa, fang (langues locales) ou arabe. C’est le premier signe du melting-pot de la communauté musulmane présente dans cette ville de Guinée Equatoriale située à la frontière avec le Gabon et le Cameroun.
Dans la ville aux 60 000 âmes et où 99% de la population sont catholiques, les fidèles voient leur mosquée comme un formidable lieu de convergence et de rencontres pour les musulmans de la ville et des cités environnantes.
«Je ne rate jamais la prière du vendredi. Je rencontre mes frères maliens mais aussi tous les musulmans des autres nationalités », évoque Hamidou (il n’a pas donné son nom de famille).
A chaque prière du vendredi ou de l’Aïd, «tu peux croiser une vingtaine de nationalités, explique l’imam adjoint, Moussa. Les Africains de l’Ouest, du Centre, mais aussi des Egyptiens, des Syriens et même des Chinois. Avec la CAN, s’y sont ajoutés des Sénégalais, des Algériens, des Maliens et Guinéens».
La mosquée centrale de Mongomo existe depuis 30 ans. « Au début, nous n’étions que six personnes, et on avait uniquement une petite pièce. Aujourd’hui, elle est plus vaste et accueille des centaines de fidèles qui viennent le vendredi et plus d’un millier les jours de l’Aïd, a tel point qu’on est obligé de prier sur un terrain vague, les jours de fête », raconte l’Imam Aba Issa.
La mosquée centrale de Mongomo entend encore s’agrandir et ses fondateurs ont déjà acheté le terrain prévu pour la construction de la nouvelle mosquée. «Nous avons acquis un terrain à 35 000 usd. Nous attendons l’autorisation de construire pour commencer les travaux. Cela ne devrait pas tarder », rassure l’imam Moussa. Originaire du Cameroun, il a débarqué à Mongomo en 1971.
Bâtie sur une superficie d’une centaine de mètres carrés qui n’a cessé de s’agrandir au fil des années, la mosquée vit des dons et des contributions des fidèles. «Nos frères font beaucoup de dons et chaque vendredi la collecte rapporte entre 175 et 250 usd», confie l’imam.
Au delà de son caractère lieu de culte, la mosquée a également une fonction sociale. «Mongomo, située sur la frontière est un carrefour. Il arrive que la mosquée héberge des voyageurs ou même des sans abris, explique l’imam principal Issa.
Les fidèles aident, selon lui, les nécessiteux, font des interventions pour les musulmans qui ont problèmes, et entretiennent les liens entre musulmans mais aussi avec les autres communautés ou nationalités vivant à Mongomo.
Le religieux assure que la communauté musulmane n’a jamais eu de problèmes ni avec les autorités du pays, ni avec les catholiques majoritaires à Mongomo. Pourtant, la ville natale de l'actuel chef d’Etat équato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema, est considérée comme la ville la plus catholique de la Guinée équatoriale avec notamment sa basilique, construite sur 2 000 hectares, pour un coût de 15 millions USD.