Slim Jerbia
01 Juillet 2017•Mise à jour: 03 Juillet 2017
AA / Paris / Patrick Juillard
L’exode des joueurs de Ligue 1 française vers la Turquie connaît un pic historique en ce début de mercato d’été. Depuis l’ouverture de la période de mutation estivale, plusieurs joueurs vedettes de l’élite hexagonale ont déjà fait leurs valises pour rejoindre l’une des grosses cylindrées de la Süper Lig turque.
Le milieu de terrain offensif Mathieu Valbuena a été le premier à franchir le pas. Dès le 13 juin, l’international français a quitté l’Olympique Lyonnais pour rejoindre Fenerbahçe. Contre un chèque de 3,5 millions d’euros, la formation stambouliote, troisième de l’exercice 2016-2017 du championnat, a racheté la dernière année du contrat qui liait le petit meneur de jeu de 32 ans à l’OL.
Accueilli par les supporters du « Fener » avec les honneurs dus aux grands joueurs, Mathieu Valbuena devrait retrouver à Istanbul des conditions au moins équivalentes à celles qui étaient les siennes dans la cité rhodanienne (il touchait plus de 400.000 euros mensuels).
Le Fenerbahçe n’a pas tardé à faire coup double, en déboursant 4,5 millions d’euros pour s’attacher les services du joueur de couloir monégasque Nabil Dirar. Âgé de 31 ans, l’international marocain apportera sa polyvalence et son expérience européenne à sa nouvelle équipe.
Galatasaray n’est pas en reste sur ce marché très dynamique. Seulement quatrième à l’issue de la saison 2016-2017, le deuxième des trois clubs historiques stambouliotes (avec Fenerbahçe et Besiktas) a mis les bouchées doubles pour combler les manques de son effectif.
En l’espace de quelques heures, ce sont deux joueurs vedettes de la dernière saison de Ligue 1 qui ont rejoint les rangs du Cimbom. En fin de prêt avec l’Olympique de Marseille, l’attaquant international français Bafétimbi Gomis n’est retourné à Swansea (Premier League) que pour rassembler ses affaires. Direction Istanbul et le Galatasaray où la « Panthère », ainsi que l’avant-centre de 32 ans est surnommé en raison de sa façon de célébrer ses buts, s’est engagé pour trois ans.
Si le montant du transfert et les conditions accordées à la recrue n’ont pas filtré, il apparaît que le club turc était en mesure de lui offrir des émoluments hors de portée des finances marseillaises : la somme de 3,5 millions d’euros annuels est évoquée.
Quelques heures plus tard, nouvelle cohue à l’aéroport Atatürk d’Istanbul : au tour du milieu de terrain international marocain Younès Belhanda de fouler le sol turc. Un bon millier de fans de Galatasaray ont fait le déplacement pour accueillir le Lion de l’Atlas, qui signera un contrat de quatre ans.
Comme Gomis, l’ancien champion de France (en 2012 avec Montpellier) n’avait pas été conservé par l’OGC Nice à l’issue de son prêt, faute de moyens pour satisfaire le Dynamo Kiev, qui réclamait 9 millions d’euros pour libérer son joueur de sa dernière année de contrat. Une somme visiblement moins problématique pour Galatasaray que pour la formation azuréenne.
Les grands clubs d'Istanbul ne sont pas les seuls à faire leur marché en Ligue 1. Alors que le marché n’est ouvert en France que depuis le 9 juin, plusieurs pensionnaires du Championnat ont déjà rejoint la Turquie. L’attaquant international marocain Khalid Boutaïb a quitté le promu strasbourgeois pour Malatyaspor. Le milieu de terrain offensif international français Jérémy Ménez a lui mis un terme à une saison ratée aux Girondins de Bordeaux, où il avait perdu sa place de titulaire, et s’est engagé à Antalyaspor.
« La Süper Lig est un championnat réputé en Europe. Le niveau de difficulté y est très élevé. Les transferts en provenance d’Europe occidentale, comme moi, vont encore renforcer le niveau du championnat. Je suis impatient de jouer pour ce club et cette ville magnifiques », a déclaré Ménez après sa signature dans la Riviera turque.
Outre un appréciable cadre de vie, les joueurs trouvent en Turquie des conditions fiscales avantageuses, au regard des standards français. Leurs impôts y sont plafonnés à 15%. Quant aux clubs, assimilés à des associations, ils sont également peu taxés et sont en mesure de leur offrir de confortables salaires. L'exode des joueurs de Ligue 1 n'est donc pas près de se tarir.