AA/Yaoundé/Anne Mireille Nzouankeu
Quelques heures avant le match du Cameroun contre la Croatie, l’agence Anadolu a rencontré quelques héros du mondial de 1990 au cours duquel le Cameroun fut la première équipe africaine à parvenir aux quarts de finale d’une telle compétition. Ces « anciennes vedettes » du ballon rond camerounais pensent que les possibilités pour l’équipe actuelle de revivre le mondial de 1990 s’amenuisent. Mais, le pays doit au moins sortir « la tête haute » de la compétition, plaident-ils.
Le 18 juin, le Cameroun et la Croatie jouent leur deuxième match respectif de cette coupe du monde 2014, un match qualifié de « difficile » par tous les experts du football. « C’est le match de la dernière chance, nous sommes dos au mur. Il faut absolument gagner pour faire face au Brésil. On a compromis nos chances, mais tout espoir n’est pas perdu », pense le footballeur retraité Emmanuel Kundé, qui a participé au mondial de 1990 au cours duquel le Cameroun fut la première équipe africaine à atteindre les quarts de finale.
« Ça va être difficile de revivre le mondial de 1990, après avoir perdu notre premier match. D’autant plus qu’il y a dans notre poule deux équipes qui ont gagné leur premier match. Mais, le Cameroun doit quand même terminer la compétition en ayant marqué des points », ajoute Kundé, tireur d’un ballon décisif décisif contre l’Angleterre en quarts de finale dudit mondial.
« Le match contre la Croatie va être difficile. Mais, on peut faire au moins un nul si le coach change sa manière de faire. On ne comprend pas que ceux qui sont titulaires dans leurs clubs, à l’exemple de Matip ou Aboubakar Vincent, soient laissés au banc de touche tandis que Volker Finke préfère aligner les remplaçants qui n’ont pas assez de temps de jeu en club », explique Victor Ndip Akem, également mondialiste de 1990.
Ndip Akem, aujourd’hui entraineur local de football, pense qu’ « à l’heure actuelle, il sera difficile d’arriver en quarts de finale comme en 1990 ». Il exhorte, néanmoins, les coéquipiers de Samuel Eto’o à terminer cette compétition de manière « honorable». Pour ce faire, l’entraineur des Lions Indomptables du Cameroun doit savoir exploiter, selon lui, les atouts de chacun. « Il ne sert à rien d’aligner pendant 90 minutes, une personne fatiguée ou blessée. A notre époque, le coach faisait entrer Roger Milla, qui était déjà âgé, à 20 minutes de la fin du match et il faisait des miracles », conclu Ndip Akem.
Bien que la compétition ne soit pas encore terminée, Bertin Ebwelle, ancien Lion Indomptable devenu entraineur de football préfère déjà penser à l’avenir. Pour lui, le Cameroun doit commencer à mieux penser les prochaines compétitions pour améliorer sa performance. « Je crois que la préparation du Cameroun a été insuffisante, d’où les résultats que nous constatons », explique Bertin Ebwelle. « Aujourd’hui, on ne s’en tient qu’aux journées FIFA, pourtant il faut plus de matchs de préparation pour le Cameroun, car il a besoin de travailler plus pour avoir le niveau des autres pays et pouvoir dépasser le stade de quarts de finales », déduit Ebwelle.
Le Cameroun et la Croatie ont pratiquement le même parcours. Ils ont été battus lors de leur premier match de coupe du monde. Ils se sont aussi qualifié presque de la même manière. Le Cameroun s’est qualifié au match retour contre la Tunisie (4-1) après avoir eu un match nul (0-0) à l’aller en Tunisie. La Croatie elle aussi s’est qualifiée au match retour contre l’Islande (2-0) après un match nul à domicile (0-0). Les deux équipes sont dans la même poule que le Brésil et le Mexique, qui ont tous deux gagné leurs premiers matchs.