Nadia Al Chahed
25 Décembre 2015•Mise à jour: 26 Décembre 2015
AA/tunis
Des chercheurs américains ont mis au point un nouveau logiciel capable de savoir si quelqu’un ment, simplement en l’observant.
Le programme s’est entraîné sur des vidéos de vrais procès, et se base sur une analyse de l'élocution, de la gestuelle et des mouvements faciaux, rapporte le site "Sciences et Avenir".
Quatre chercheurs de l’université du Michigan, aux Etats-Unis, ont mis au point un prototype censé permettre, à terme, de déterminer si quelqu’un ment ou dit la vérit, simplement en scrutant sa manière de s'exprimer, précise la même source.
Ce logiciel a été entraîné avec 120 vidéos d’authentiques procès filmés et dont le verdict est connu ainsi que l’authenticité des propos prononcés par les différents protagonistes, souligne "Sciences et Avenir".
L’objectif de ce choix est d'éviter d’avoir à recréer en laboratoire une fausse situation de procès où un interlocuteur ferait semblant de mentir d'autant plus que les chercheurs estiment que dans de tels contextes, les "menteurs" jouent trop mal le mensonge car la motivation inhérente au procès à savoir celle de "sauver sa peau", indique la même source.
Les vidéos utilisées montrent à la fois des suspects et des témoins et, dans la moitié des cas choisis, les personnes mentaient.
Les chercheurs ont intégralement retranscrit les audiences, en y incluant les hésitations et les onomatopées (les "euh" et "bah"), afin de mieux cerner comment s’exprime un menteur et quels sont ses tics. La même chose a été faite pour répertorier les gestuelles, réparties en neuf catégories de mouvements de tête, d’yeux, de bouche, de mains et de sourcils, chacune correspondant à un niveau de mensonge, explique l'article.
De tous ces paramètres qui ont été intégrés au logiciel, il ressort que fixer son interlocuteur est un signe de mensonge probable (70 % des menteurs le faisaient, contre 60 % de ceux qui disaient la vérité). Agiter les mains également (40 % contre 25 %), comme se tordre les traits du visage (30 % contre 10 %).
Se référant aux premiers résultats les chercheurs ont assuré avoir obtenu des taux d’efficacité du dispositif de 75 %.
La recherche n’est cependant pas terminée puisqu’elle devrait, prochainement, intégrer d’autres paramètres comme le rythme cardiaque ou celui de la respiration, des données là aussi captées à distance, par imagerie thermique.