Wejden Jlassi
08 Février 2021•Mise à jour: 08 Février 2021
AA/Toronto
L'ancien envoyé spécial de l'ONU pour le VIH/SIDA en Afrique, Stephen Lewis, a critiqué le Canada pour avoir profité de l'initiative «COVAX» visant à aider les pays pauvres à vacciner leurs populations contre le coronavirus.
COVAX est un mécanisme mis en place par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) visant à assurer une distribution équitable des vaccins contre le coronavirus et à les mettre à la disposition des pays à faible et moyen revenus, afin qu'ils ne soient pas en queue de peloton dans la course mondiale à l'acquisition de vaccins anti-Covid.
Lors d'un passage télévisé sur la chaîne canadienne CTV, le responsable onusien a rappelé que ce dispositif onusien est destiné à assurer le partage équitable de vaccins anti-Covid et qu'il est financé par plusieurs pays, dont le Canada. Il a expliqué que ce pays a œuvré pour profiter de ce mécanisme, qualifiant cette démarche de «mauvaise».
Lewis a souligné que le Canada était le seul membre du «G7» à le faire. Ottawa doit recevoir 1,9 million de doses du vaccin AstraZeneca d'ici la fin du mois de juin grâce au dispositif COVAX, qui s'ajoutent aux 20 millions de doses déjà commandées directement auprès du groupe pharmaceutique. Selon le responsable onusien, ceci est "mauvais" d'un point de vue éthique.
Il a souligné que le Canada avait vacciné plus de 884 000 de ses citoyens (soit 2,3% de sa population totale), jusqu'au 5 février, précisant que ce nombre dépasse de très loin celui des personnes vaccinées dans tout le continent africain, 37 fois plus peuplé que le Canada.
En juillet 2020, le Canada a annoncé avoir investi 440 millions de dollars en faveur de l'initiative «COVAX», indiquant que la moitié de ce montant sera consacrée à assurer 15 millions de doses du vaccin anti-Covid, au profit des citoyens canadiens, tandis que l'autre moitié servira à acheter des vaccins pour 92 pays à travers le monde, dont l'Afghanistan, le Mali et Haïti.
*Traduit de l'arabe par Wejden Jlassi