Serap Dogansoy
12 Août 2026•Mise à jour: 12 Août 2026
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est dite mercredi « inquiète » des nouvelles recommandations vaccinales de Donald Trump, estimant qu’elles ne concordent pas avec les connaissances scientifiques accumulées depuis plusieurs décennies.
« La politique en matière de vaccination doit reposer sur un examen rigoureux, indépendant et transparent des meilleures données scientifiques disponibles, et non sur des influences politiques », a déclaré sur le réseau social américain X le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Le président américain, qui a retiré les États-Unis de l’OMS, a signé lundi un décret recommandant d’espacer certaines injections destinées aux enfants. Il préconise notamment d’administrer séparément les vaccins contre la rougeole, les oreillons et la rubéole, actuellement réunis dans le vaccin ROR.
Donald Trump a également continué d’évoquer un possible lien entre vaccination et autisme, une relation de cause à effet que les recherches scientifiques n’ont jamais établie.
« Les preuves actuelles sont sans équivoque : les vaccins, y compris le vaccin ROR, sont sûrs et ne causent pas l’autisme », a souligné le chef de l’OMS.
Il a averti que « retarder la vaccination ou espacer inutilement les doses ne rend pas la vaccination plus sûre et peut laisser les enfants sans protection ».
Le gouvernement fédéral ne pouvant imposer directement les obligations vaccinales scolaires, le décret conseille aux États américains de réexaminer leurs règles.
Cette initiative intervient à l’approche de la rentrée scolaire et alors que les États-Unis connaissent leur plus grave épidémie de rougeole depuis 35 ans. Au moins trois personnes, dont deux enfants, sont mortes de la maladie en 2025.
Le ministre américain de la Santé, Robert F. Kennedy Jr., connu pour ses positions critiques envers les vaccins, a engagé depuis sa nomination un vaste réexamen des produits existants, modifié le calendrier vaccinal pédiatrique et réduit certains financements destinés au développement de nouveaux vaccins. Ces mesures ont été vivement contestées par la communauté médicale et scientifique, tandis que la justice américaine avait suspendu plus tôt dans l’année une précédente refonte de la politique vaccinale.
« Chaque parent souhaite assurer la sécurité de ses enfants et les vaccins comptent parmi les outils les plus puissants pour y parvenir, en permettant d’éviter des maladies mortelles », a conclu Tedros Adhanom Ghebreyesus.