Güç Gönel,Andaç Hongur,Tuncay Çakmak
11 Avril 2018•Mise à jour: 12 Avril 2018
AA - Istanbul - Tuncay Çakmak
Le Premier ministre turc, Binali Yildirim, a appelé Moscou et Washington à mettre fin à l’escalade autour de la Syrie et à privilégier le dialogue et la coopération.
Le Chef du gouvernement turc s’est exprimé, mercredi, lors du 21ème Sommet Economique Eurasie, réuni à Istanbul en Turquie.
Il a consacré une grande partie de son intervention sur la situation en Syrie et sur les dernières déclarations américaines et russes, faisant craindre un conflit armé entre les deux grandes puissances.
"Ce n'est pas l'heure de la concurrence (militaire). C'est le moment de refermer les plaies et les blessures, de se réunir et d'abandonner les déclarations dangereuses. Nous devons agir main dans la main pour préserver les unités territoriales de la Syrie et de l'Irak, d'y combattre sans distinction toutes les organisations terroristes. C'est ce que nous faisons en tant que Turquie", a-t-il déclaré.
"Les pays qui possèdent une puissance militaire, qui sont membres permanents du Conseil de Sécurité, portent sur leurs épaules encore plus de responsabilités. Mais que font-ils, ils se menacent par tweets interposés. Pensez-vous que le monde va se contenter de vous observer alors que des millions de personnes peuvent disparaitre dans la région et dans le monde ? Ils vantent leurs fusées respectives, on dirait un combat de rue", a ensuite ajouté Yildirim.
Le Chef du gouvernement a ensuite voulu attirer l’attention sur la situation dans les Balkans, région qui, malgré une stabilité certaine, comporte encore le risque de tomber à nouveau dans le chaos.
"Beaucoup de régions d’Eurasie, les Balkans, le Caucase, le Moyen-Orient et la région de la Mer Noire sont confrontés à de nombreux enjeux et risques. La Syrie, l’Irak, le conflit Arménie-Azerbaïdjan, le conflit Palestine-Israël, en sont quelques-uns. Mais il y a aussi les questions Ukraine-Russie, Géorgie-Russie, Iran-Arabie Saoudite, Qatar-Pays du Golfe … La Turquie est au centre de toute cette région. Pour cette raison, nous sommes confrontés à de nombreuses menaces terroristes", a-t-il d’abord expliqué, avant de se concentrer sur les Balkans.
"Alors que le Moyen-Orient fait face à d'innombrables difficultés, il est de notre devoir de tous agir pour préserver la paix, la sécurité et la stabilité dans les Balkans. Nous devons empêcher que ces problèmes se propagent dans d'autres régions. La Turquie agit dans cet esprit dans les Balkans, elle n'a jamais eu de visées impérialistes. Là où elle va, la Turquie emporte avec elle l'amitié et la paix", a-t-il avancé.
Binali Yildirim a saisi l’occasion pour critiquer le manque d’empathie et de solidarité de ses alliés sur le sujet de sa lutte contre le terrorisme.
"Alors que nous attendons des félicitations de la part de l’Europe pour notre lutte efficace contre le terrorisme, nous devons faire face à la montée de l’extrême droite, de l’islamophobie et le radicalisme. Nous sommes confrontés à une sympathie européenne envers les terroristes qui nous menacent. Nous attendons plus d’empathie de la part de nos alliés et amis. Les conséquences des sacrifices que nous faisons pour la région ne doivent pas être celles-ci", a-t-il dit.
A la fin de son intervention, le Premier ministre turc s’est voulu rassurant devant les évolutions récentes dans le secteur économique.
"La hausse des intérêts et du cours des devises est conjoncturelle, les indicateurs le prouvent. C'est lié aux conditions mondiales et aux risques géopolitiques de notre région. Une certaine tension est née autour de l'éventualité d'une guerre (Etats-Unis/Russie). Ces variations sont temporaires et leurs conséquences seront limitées", a-t-il affirmé.
"Il n'y a pas de relâchement dans notre combat contre l'inflation. L'inflation a des conséquences sur les décisions des investisseurs et sur l'économie de nos citoyens. Nous prenons toutes les mesures nécessaires, à court et moyen termes, pour empêcher la hausse de l'inflation", a-t-il poursuivi, avant de terminer sur une note positive : "Comme en 2017, notre économie va croître en 2018 de manière durable."